Ce sont les milliards qui sont faux ou les emplois ???

lundi 11 novembre 2013 par Arimi Choubadé

Engluée dans la polémique avant même de faire ses premiers heureux, la mesure fard du budget 2014, celle annonçant 64 milliards en faveur de la création d’emploi. Le débat budgétaire de cette fin d’année semble avoir d’ores et déjà trouvé son plat de résistance. Un démarrage en fanfare avec, d’un côté, gouvernement et affidés convaincus d’avoir enfin trouvé la formule magique capable de mettre enfin les chômeurs au travail. De l’autre, des opposants flairant une entourloupette de plus, crie déjà à une manipulation de l’opinion. Éric Houndété, lors de sa sortie médiatique, accuse la mesure d’être fausse et propagandiste. Sans détour. Peut-être quelques bribes des grandes conclusions des journées parlementaires de l’Un à Ketou un week-end.

Le décor est planté. Les Béninois savent désormais ce que pensent chacun des grands courants antagonistes de l’échiquier politique national sur cette affaire. Reste la suite à donner à ces postures déjà affichées par les différents acteurs en présence parce que jusque là pas vraiment de quoi édifier le citoyen lambda. La réalité de l’emploi au Bénin ne saurait donc se contenter de la dialectique des caricatures entre pouvoir et opposition. Les intervenants de chaque camp, en l’occurrence celui du gouvernement devraient pouvoir évoluer dans la rengaine en se faisant plus explicatifs sur les mesures qu’aurait envisagées le budget sans entrer à nouveau dans un autre cycle d’attaque et défense. En d’autres termes, le moment est venu de dévoiler le secret des 64 milliards.

Il est question de savoir si chaque chômeur allait se présenter à un guichet du trésor public pour retirer sa part du pactole dès le lendemain du vote du budget. L’occasion est offerte aux concepteurs du projet de décliner le mécanisme par lequel se ferait le décaissement des 64 milliards. On connaissait l’expérience des pré insérés par exemple, ces jeunes mis à la disposition de certaines entreprises privées et dont l’Etat s’occupait des émoluments durant une certaine période avant que l’entreprise d’accueil ne prenne le relais. Peut-être aussi qu’il s’agit d’un éventail d’allégement fiscal à l’endroit des recruteurs de chômeur ; ce qui fait automatiquement des manques à gagner au budget à comptabiliser au titre de la lutte pour l’emploi. D’autres approches existent certainement dans les tiroirs de la refondation afin d’en finir avec la courbe ascendante du chômage.

Le seul argument de la disponibilité d’un fonds budgétaire contre le chômage ne suffit pas à ramener l’espoir chez les demandeurs d’emploi. Le gouvernement lui même ne se plait-il pas à affirmer qu’il y aurait plus de sous-emploi que de chômage au Bénin. Ce genre de diagnostic indexé fait appel à des mécanismes de protection de l’emploi. Cela voudrait dire que le travailleur n’est pas sécurisé dans ses relations de travail avec l’employeur. Ce qui requiert une profonde réforme de la législation du travail dans le but de rendre les structures de règlement de conflit plus efficaces et moins corruptibles. Avec ou sans les milliards, le Bénin peut s’offrir une législation du travail moins esclavagiste où l’employeur ne dispose plus du droit de vie et de mort sur ses salariés. À défaut de créer de nouveaux emplois, les emplois existants ne demandent qu’à être protégés.

Pas besoin de beaucoup de milliards pour y arriver...

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1265-ce-sont-les-milliards-qui-sont.html

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