Le Bénin et ses communes-États...

mardi 19 novembre 2013 par Arimi Choubadé

Porto-Novo, la plus petite commune du Bénin en superficie. Petit lopin de terre dont l’étroitesse serait à l’origine de sa pauvreté en infrastructures dignes de la capitale d’une nation moderne. Presque une fatalité comme si les frontières de la cité aux trois noms (Porto-Novo, Adjachè, Hougbonou) avaient été établies par un décret divin non susceptible de modification malgré les raisons évidentes de grande nécessité. On pourrait dire pareil de Cotonou également non extensible. La ville Vitrine manque, elle aussi, d’espace pour s’offrir, ne serait-ce qu’un poumon vert, un endroit écologique de détente ou encore un second aéroport malgré la caducité avérée de celui de Cadjèhoun, Bernardin Cardinal Gantin, dépassé à tous points de vue.

Des communes érigées presque en États, bénéficiant de principes aussi rigides que l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation. On se croirait à la création de l’Organisation de l’Unité Africaine, la défunte OUA. Tout le monde est conscient que Cotonou a besoin d’un second aéroport. Pourquoi alors parler d’aéroport de Glo Djigbé et non de Cotonou ? Juste parce que le site identifié appartiendrait à une commune-État, Abomey-Calavi. Comme si la souveraineté nationale est désormais l’apanage de ces minuscules entités municipales. Et pourtant rien n’empêche l’Etat du Bénin d’accorder à sa ville-vitrine les mensurations conformes aux nécessités du moment. A-t-on besoin d’un traité sous l’égide de l’UA avant d’annexer Abomey-Calavi ou Sèmè-Kpodji au profit de l’extension de Cotonou ? C’est évident qu’un aéroport au nom barbare de Glo-Djigbé ne saurait susciter un quelconque engouement des visiteurs face au prestige d’un Cotonou ou d’un Porto-Novo.

Revenons justement à la capitale à qui il est dénié tout attribut digne de son rang à cause d’une prétendue exiguïté territoriale alors qu’elle est jouxtée de plusieurs autres bourgades presque insignifiants comme Adjarra, Missrété, Avrankou ou Dangbo. On aurait pu les faire disparaître, tous, au profit du grand Porto-Novo afin d’y implanter présidence de la République, aéroport international, théâtre national, palais des congrès etc...sans que personne ne crie au scandale. Rien que la ville de Lagos fait 15 millions d’habitants c’est-à-dire plus que la population totale de tout le Bénin. Sans chercher à dupliquer le gigantisme du voisin, avouons qu’une capitale comme Porto-Novo, établie sur 110 km² pour à peine 230.000 habitants est la révélation d’une ambition en pointillés depuis sa création.

La décentralisation à la béninoise semble avoir débouché sur un immobilisme déroutant en matière de développement des cités. Le découpage a consacré un statut quo inhibiteur de toute logique dynamique. La loi a pourtant prévu une réévaluation de la viabilité de certaines communes au bout de quelques années d’exercice. Les communes les moins viables devraient purement et simplement être fusionnées avec leurs voisines les plus porteuses d’opportunités. 10 après le début du processus, ces réévaluations n’ont jamais été à l’ordre du jour. Au contraire la tendance est plutôt au morcellement à l’image du projet de découpage territorial actuellement en cours d’élaboration.

Le pays malade de tout !!!

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1268-le-benin-et-ses-communes-etats.html

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