Des vœux à un débiteur insolvable ???

mercredi 8 janvier 2014 par Arimi Choubadé

Une cérémonie de présentation de vœux au palais de la Marina aux allures d’un bal des débiteurs, le 06 janvier 2014. La Cour constitutionnelle qui réclame son nouveau siège ; l’Assemblée nationale, elle aussi, en attente de son nouveau sanctuaire dont le chantier est dans l’incertitude après avoir englouti 14 milliards ; la Haac qui se plaint de ne pas avoir reçu l’argent destiné à l’organisation des états généraux de la presse bien qu’ayant achevé tous les travaux préparatifs ; la Haute autorité de lutte contre la corruption en attente de ses fonds de fonctionnement plusieurs mois après son installation ; le Cos/Lépi manquant de son côté du minimum pour achever le toilettage du fichier électoral afin de permettre l’organisation des élections municipales en suspens depuis bientôt un an. Tout ceci en échos aux vœux du president-maire Nicéphore Soglo à ses administrés de Cotonou qui déjà le 30 décembre 2013, depuis ses bureaux de l’hôtel de ville à Wologuèdè, exigeait du trésor public la libération des milliards appartenant à la mairie.

Ce n’est pas tant l’impatience des créanciers du trésor public qui a frappé les mémoires. C’est plutôt le mutisme du gardien suprême des caisses de l’Etat face aux réclames tous azimuts qui met mal à l’aise. Aucun signe évident de normalisation assorti d’échéances claires et précises. Pas même un simple gage de solvabilité face à ces dépenses de souveraineté. Surtout que les caisses de l’Etat seraient dans une forme étincelante aux dires du chef de l’Etat en personne. Une croissance économique de rêve (5 à 6%), une inflation maîtrisée, un budget qui est passé du simple au double (à peine 600 milliards en 2006 qui a bondi jusqu’au delà de 1000 milliards depuis l’arrivée au pouvoir du docteur-président), une douane dont on vante quotidiennement les performances exceptionnelles, une production coton prometteuse depuis l’éviction de la "peste" de la filière exilé en France, puis le "bonus" de 60 milliards pour lutter contre le chômage.

Ce concert de plaintes en direction du trésor public est la preuve que le malaise n’épargne plus les en-haut-de-en-haut même s’il ne s’agit pas encore de menace sur les perdiems, les frais de mission, les véhicules de fonction et autres avantages personnels. Néanmoins, que l’argent vienne à manquer pour organiser des élections prévues depuis 6 ans interpelle les consciences. De quoi s’interroger sur ce qui fait désormais les priorités de la gouvernance publique sous la refondation. À moins de faire croire que le seul paiement à bonne date des salaires suffit à se prévaloir d’une bonne gestion des affaires de l’Etat. Mêmes si plusieurs primes dans l’administration publique ont connu des abattements voire des suppressions et que le matériel de travail se fait de plus en plus rare du fait d’une perturbation de la fournitures par des prestataires dont les factures en attente au trésor peinent à être honorée.

En réalité, c’est le débat sur la solvabilité de l’Etat béninois qui s’invite sur la place publique à l’occasion de cette période de vœux. Prétendre avoir doublé le revenu par habitant en moins de 5 ans tout en dévalisant les caisses obsolète des mairies ne rassure personne. Plusieurs citoyens commencent par se demander s’il n’était pas temps que la prospérité sorte un peu des discours officiels lénifiants pour se faire sentir sur le terrain. Les Cotonois auraient bien voulu constater cette prospérité dans les rues de leur ville en ce qui concerne notamment leur propreté, la fluidité et la sécurité de la circulation. Or, selon Soglo, la ville vitrine du pays, non seulement, manque cruellement de financement de la part du trésor public national mais assiste impuissante au pillage et au recel intempestif de ses maigres ressources.

Solvable ou pas solvable ?

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1272-des-voeux-a-un-debiteur-insolvable.html

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?