Solidaire de la grève, mais...

mardi 14 janvier 2014 par Arimi Choubadé

L’ignominie du 27 décembre 2013. Une police de la République à l’assaut de citoyens connus, non armés, assis pour certains, à l’aide de grenades lacrymogènes, de matraques, de fusils et d’autres ingrédients dont la seule utilité est de répandre la peur, la sueur, les larmes et le sang. Des agents en uniforme retournés contre des gens dont les impôts servent à les former, les payer, les habiller, les armer et les éduqués. Un droit constitutionnel, celui de manifester, article 25 de la constitution, ainsi méprisé. Révoltant ! Défendre ces principes par une grève générale est d’une légitimité avérée. Les apprentis prédateurs devraient se rappeler que la République est née de la prise de la Bastille grâce au petit peuple qui a décidé de prendre la rue. Et la démocratie dans sa forme moderne n’a pu s’empêcher de consacrer cette liberté de manifester à travers la déclaration universelle des droits de l’homme.

Les liberté ne saurait supporter le moindre élan d’autocratie. À défaut de pouvoir réunir la majorité parlementaire dans le dessein de réviser la constitution, la refondation semble se rabattre sur des commis pour se venger. Tout comme les sages de la Cour constitutionnelle s’essayent à supprimer du règlement intérieur le vote au main levée, un "petit" préfet ose tirer un trait sur la liberté de manifester. Une bêtise dont la conséquence est de couvrir de sang un service d’ordre et de sécurité pourtant appelé à contribuer à la paix et la démocratie dans le monde. Quel crédit accordé à un service d’ordre incapable de contenir 600 manifestants sur à peine de 2 km sans faire saigner les gens ? Cette même police sollicitée pour aider à assurer la sécurité dans des pays en reconstruction comme le Mali, la Côte d’Ivoire, Haïti ou ailleurs. Imaginons le tort que causerait à l’image du Bénin dans le monde avec le commissaire Agossadou chargé de conduire une opération de maintien d’ordre en marge d’une manifestation de rue à Bamako ou à Port-au-Prince suivi de bain de sang exactement comme cela s’est produit à la bourse du travail le 27 décembre 2014.

Une précision cependant, la défense de ces principes n’ont rien à voir avec un attachement quelconque aux personnes ayant organisé la marche réprimée dans le sang. En effet, n’eut été la brutalité aveugle des agents, on aurait peut-être jamais observé cet extraordinaire élan de solidarité autour des responsables syndicaux en question. Surtout pas de la part de quelqu’un comme moi hanté par un bon nombre de questions au sujet des intéressés et des effets induits de certains de leurs engagements professés publiquement. Sans remonter trop loin, on se souvient de leur entrée en scène en 2010 pour la défense de la démocratie (Fdd). L’adhésion des syndicalistes n’a fait qu’entraîner une atrophie du mouvement sans qu’on ne comprenne trop comment et pourquoi. On pourrait en dire autant de la mobilisation autour de la mort de Dangnivo. Un coup intransigeant, un coup ambigu et un coup défaitiste. Conformément au flou artistiquement syndical made in Benin.

Dans la foulée, on se souvient de la mobilisation pourr faire échec à l’utilisation de la tristement célèbre Lépi estompée comme par miracle dès que les syndicalistes y ont mis les pieds. S’ensuivit un ajustement opportuniste avec la promesse ferme (toujours par les responsables syndicaux) de perturber la prestation de serment de l’élu de la Lépi (par K.O) le 06 avril 2011. Une promesse restée lettre morte tout comme de nombreuses autres luttes enclenchées sans lendemain sans aucune explication sur les mobiles des essoufflements soudains. La dernière en date reste le mouvement "Mercredi rouge" qui semblait connaître un certain succès jusqu’au jour où... des syndicalistes sont apparus sur la scène.

On peut donc défendre la démocratie sans défendre ces syndicalistes-là...

Par Arimi Choubadé
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