C’est quoi l’ordre du jour ???

mercredi 22 janvier 2014 par Arimi Choubadé

Assises ; conférence ; table ronde ; dialogue ; impossible de tenir un discours public en cette fin de deuxième mandat de Yayi sans y inclure un truc sur d’éventuels palabres à l’échelle de tout le pays. Encore marginaux à leur début, ces appels à la parlotte sont devenus au fil du temps une ritournelle incontournable. Yayi (le premier concerné) jure garder sa main toujours tendue dès le lendemain des K.O électoraux de 2011 et seule la Renaissance du Bénin semble s’en être saisie. Houngbedji, un temps, a paru être aussi intéressé avant de rebrousser chemin à l’occasion de l’invite à lui adressée pour entrer au gouvernement en 2013. Raison évoquée : la non inclusion de toute l’opposition en l’occurrence de l’Union fait la nation dans le processus. L’UN, quant à elle, avait longtemps réclamé un dialogue direct avec le pouvoir avant de se rétracter à la dernière minute au profit d’assises dites nationales sans le gouvernement. Ne parlons pas de Léhady qui en appelle carrément à une réconciliation entre tous les acteurs de la vie publique face aux tiraillements tous azimuts.

Cette revue des dialogueurs est loin d’être exhaustif. En effet, Abdoulaye Bio Tchané, Célestine Zanou, Valentin Agon et bien d’autres ne jurent désormais que par ces retrouvailles annoncées. D’où la question de savoir sur quoi devrait-on organiser les débats. Il est évident que l’éventualité d’une répétition des états généraux sur la démocratie comme ce fut le cas en février 1990 lors de la conférence nationale des forces vives est exclue. Contrairement à la fin du régime révolutionnaire, les salaires sont régulièrement payés ; partis politiques, associations, médias, syndicats exercent leurs activités plus ou moins librement ; l’armée est dans les casernes et soumise aux autorités légales ; les institutions de la République fonctionnement normalement. Il faut pourtant un ordre du jour autour duquel devraient se réunir les discoureurs.

La grève générale et des bisbilles entre le Parlement et la Cour constitutionnelle ne suffisent pas à renverser la table. Une grève n’a rien d’une crise. Elle procède juste d’un rapport de force entre l’employeur et ses employés et est régie par une législation appropriée. De même que les montées de fiel entre institutions (Parlement et Cour constitutionnelle) sont prévues et réglées par la constitution même s’il est démontré que par endroits les rédacteurs de cette loi fondamentale n’ont visiblement pas fait honneur à leur réputation d’intellectuels exceptionnels. Néanmoins, il y a vraiment problème, et dire que la République est en danger n’est pas euphémisme.

En effet, le seul et unique péril pour la démocratie visible et palpable, en cette fin de mandat, reste et demeure l’incapacité de tenir des élections. Un an que les élus locaux et municipaux ont fini leurs mandats respectifs sans que les élections de leur renouvellement ne puissent avoir lieu. Faute d’un fichier électoral crédible. À ce sujet, la crise est vraiment là. La Cour constitutionnelle, sans avoir jamais vu la tristement célèbre Lépi, l’a sacralisée au point de l’ériger en principe à valeur constitutionnelle sans laquelle aucune élection ne peut se tenir. Or cette Lépi n’existe pas ou, si elle existe, est inutilisable. Un cercle vicieux pour lequel un dialogue peut être réclamé, exigé voire arraché en vue d’une décision politique sur la manière d’organiser les scrutins à venir dans l’attente d’un fichier non contesté. Ce seul ordre du jour mérite que les acteurs de la vie publique se retrouvent et parlent. Pour le reste...

Des assises exclusivement pour les élections alors...

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1278-c-est-quoi-l-ordre-du-jour.html

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?