Apatrides, vos pères... Patriotes, vos maris...

mercredi 5 février 2014 par Arimi Choubadé

Quelqu’un pour nous décrypter le sens réel des signaux médiatiques de la Marina en ce début de 2014. Depuis la salle du peuple du palais, le 27 janvier, il était dit aux jeunes d’aller dire à leurs "pères" de cesser de comploter contre la République. Ces pères syndicalistes experts en mensonge et en dissimulation au point de faire passer de l’encre rouge pour du sang, juste pour jeter le discrédit sur la République et son président. Des apatrides complices d’une classe politique médiocre, tous entretenus par le grand Satan réfugié sous les lambris dorés à Paris. Des ingrats, à la limite incapables de reconnaissance envers celui qui leur a amené le bonheur en apurant tous les arriérés salariaux qui leur étaient dus avant son avènement au pouvoir en 2006. Les jeunes étaient chargés avec exaltation d’aller dire à leurs aînés qu’ils étaient surveillés de près et qu’au jour du "bondissement"...

Autre de décor : le samedi 1er février, au stade de l’amitié. Cette fois-ci l’auditoire ce n’est plus les jeunes, mais les femmes, chères épouses des syndicalistes. Là c’est carrément une tendance renversante. Oublié l’exposé endiablé sur l’apatridie supposée des grévistes quelques jours plus tôt. Non ! Elles ne rêvaient pas lorsqu’elles entendaient le chef de l’Etat leur révéler la flamme qu’il a pour leurs maris. Une déclamation présidentielle d’une ferveur quasi religieuse. Il ne s’agit plus de gens qui prennent de l’argent pour nuire à leur employeur l’Etat et son chef mais de patriotes individuellement portés dans le cœur du chef de l’Etat. Naturellement donc, la mission assignée aux femmes est carrément à l’opposé de celle assignée aux jeunes. Il n’est plus question de dissuader les gars de pactiser avec le diable mais de les exhorter à se présenter aux négociations gouvernement-syndicats prévues pour le surlendemain lundi, dans de bonnes dispositions.

Comprenne qui pourra. Surtout que cet épisode d’exhortation ne met pas totalement fin aux paradoxes de cette communication gouvernementale très particulière. En effet, presque simultanément au moment où le chef de l’Etat affichait son béguin retrouvé pour les grévistes devant les femmes au stade de l’amitié à Cotonou, une horde de ministres poursuivait sur le terrain, la divulgation du premier message, celui qui cloue au pilori des centrales syndicales et leurs chefs. Une escouade ministérielle relayée par des marcheurs crachant du fuel contre les mouvements de grève et leurs commanditaires supposés ou réels. Ne comptez pas sur moi pour donner le profil des incitateurs de ces marches même si tout le monde peut remarquer l’étrange ressemblance entre les arguties inscrites sur les banderoles de parade et les propos présidentiels du 27 janvier.

Les raisons profondes du clash retentissant des négociations gouvernement-syndicat coulent de source. Il était impensable qu’un énième grain de sable en dehors des marcheurs et des ministres insulteurs ne vienne gripper la dynamique sans oublier les syndicalistes eux-mêmes qui multipliaient les préalables dont les limogeages du commissaire central de Cotonou Pierre Agossadou et du préfet de l’Atlantique-Littoral Placide Azandé. Quand les acteurs publics ont décidé de jouer la carte du drame sans fin, rien ne peut les arrêter. Sans oublier, la "médiocre" classe politique en embuscade prête à régler des comptes à la moindre étincelle.

Où allons ? Où va le Bénin ???

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1284-apatrides-vos-peres-patriotes-vos.html

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