A bas les consommateurs ! Vive les trafiquants ?

mercredi 5 mars 2014 par Arimi Choubadé

L’Etat béninois ne connait pas, du moins pas comme les trafiquants de produits pétroliers en provenance du Nigeria. De grands partenaires du Changement, ces derniers ; ayant provoqué un désaveu public d’un ministre de la part du chef de l’Etat aux aurores du Changement. Le pauvre ministre du Commerce, le premier sous Yayi I, un certain Soumanou Moudjaïdou, devenu « empoisonneur » avait osé donner un ultimatum dès son entrée en service aux trafiquants de produits pétroliers. Ultimatum aussitôt rapporté sans autre force de procès après que les mis en cause se soient faits recevoir en fanfare à la présidence de la République. Certains d’entre ces « partenaires » privélégiés de la République se sont d’ailleurs retrouvés sur des listes de candidature aux législatives de 2007 puis aux municipales de 2008 pour porter le discours de l’émergence, de la croissance à deux chiffres, de la prospérité partagée, de la nouvelle République puis du K.O.

Et les consommateurs alors ? Rencontrer le chef de l’Etat, pour eux, relève d’un exploit. Leur quotidien c’est une petite banane à 75 fcfa l’unité, une mangue à 500 fcfa l’unité, le kilo de gari à 700 fcfa. En effet, le transport de fruits, au Bénin, est hautement plus taxable que celui de l’essence en fraude depuis le Nigeria. Il y a d’ailleurs de moins en moins de pistes capables de supporter les passages de camions ou de gros porteurs chargés d’approvisionner les populations en vivres. Fruits et céréales parviennent aux grandes agglomérations à bord de moyens brinquebalants après franchissements de multiples barrages policiers, gendarmes, forestiers et douaniers. Le gendarme à l’entrée de chaque commune, le policier au grand carrefour et le douanier à la sortie. L’ordre peut être interverti d’une commune à une autre avec le même principe du rançonnement d’un poste à un autre. A la fin des courses, la misère dans les assiettes.

Désormais, le trafic de carburant est devenu une corporation respectable doté d’un commandement unifié à l’échelle de tout le pays, des tarifs harmonisés d’une localité à une autre, un discours officiel et une audience médiatique à nul autre pareil. Son inamovible gourou, Oloyé a presque rang de ministre voire de président d’institution agissant par communiqué de presse, rappel à l’ordre, mis en garde et prestance. Qui peut en dire autant d’un représentant de consommateur y compris ceux des consommateurs des produits du trafic ? A telle enseigne qu’introduire frauduleusement des produits pétroliers au Bénin serait en passe de devenir une noble activité reconnue et respectée par les pouvoirs publics. D’où la question récurrente de savoir si le Bénin veut assumer désormais le statut d’Etat receleur de l’hydrocarbure volé ou frauduleusement sorti de chez le voisin nigérian.

Aux dernières nouvelles, les trafiquants pourraient disposer d’une nouvelle route flambant neuf, Djrègbé-Owodé-Dja lancée à grand renfort médiatique par le chef de l’Etat en personne. Pendant que la dorsale Lokossa-Cotonou pourvoyeuse de tomate, les bretelles Savalou-Djougou et Parakou-Djougou indispensables à l’approvisionnement de l’igname ainsi que la route Pobè-Porto-Novo utile à la fourniture de maïs sont en souffrance et manquent cruellement d’initiative. Tant mieux si les pouvoirs publics décident de tolérer une émancipation des trafiquants d’essence. Mais qu’ils bénéficient au moins des mêmes privilèges que leurs compatriotes investis dans le commerce de vivres.

Après les tanks des trafiquants, penser aussi un panier de la ménagère aussi…

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1293-a-bas-les-consommateurs-vive-les.html

Messages

  • Il faut comprendre une chose. Quand vous arrivez a trouver un moyen de pression contre le gouvernement en place, alors vous pouvez souvent vous permettre quelques derapages. Croyez moi l’homme puissant du moment, dans l’informel, (Oloyé) a un petit secret bien cacher. Et il sais que pour le moment le gouvernement en place ne dispose pas encore totalement de quoi le freiner dans ses dérapages. Mais a mon humble avis, j’èstime qu’il serait temps que le gouvernement profite pour voir dans quel mesure il pourra composer avec les responsables de ce secteur afin de le rentre respectueux des normes exigées par le formel

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