Femmes fêtent, hommes s’enrichissent...

lundi 10 mars 2014 par Arimi Choubadé

Et elles remettent ça chaque année au 08 mars : flonflons, pagnes, pacotilles, ripailles, banquets, danses et réjouissances. Au nom de la journée internationale de la femme désormais érigée en fête. Une fête, une vraie, peut-être celle qui fait saigner le plus un budget national déjà assez famélique du fait des crises et tensions sociales à répétitions. Au 1er décembre, journée internationale du sida, c’est principalement le ministère de la santé qui joue l’essentiel des rôles. Ou le 1er juin imputé au ministère de l’Environnement. Le 08 mars, quant à lui, sévit partout, à la présidence de la République, dans tous les ministères, dans les sociétés ou offices d’Etat, dans les institutions, dans toutes les administrations décentralisées ou déconcentrées. Plus que la fête nationale du 1er août. Au nom de la femme !!!

Tant mieux si les femmes se sentent plus heureuses dans cette posture de dindes d’un jour de farce dans l’année. Le problème c’est que tout cela se fait avec les deniers publics c’est-à-dire les impôts de tout le monde y compris les bénéficiaires elles-mêmes. Le pathétique vient donc du fait que se sont les femmes qui se rendent complices voire coupables de distraction de fonds publics pour des mondanités abjectes pendant que fausses couches, échec scolaires, analphabétisme, misère s’abattent sur leurs sœurs. Or, dans la réalité, les budgets des pagnes, des agapes, des réjouissances sont gérées par des hommes, leurs bourreaux, qui en profitent pour s’engraisser grâce à la naïveté de leurs victimes. Qu’à cause des femmes, on puisse manquer de sous pour construire des maternité, des écoles, des centres de santé ou des pistes de dessertes rurales dépasse l’entendement.

On peut comprendre que des pays comme le Burkina Faso veuille faire avancer la cause du sexe dit faible en décrétant le 08 mars chômé et payé avec peut être des actions fortes en appui, depuis l’époque de Thomas Sankara. Mais au Bénin la gent féminine a conquis des espaces depuis très longtemps, depuis l’époque où elles pouvaient prendre d’assaut les troupes d’élite en précédant les hommes sur des théâtres de guerre à travers la célèbre troupe des amazones au royaume de Danxomè. Sous la période révolution, le fameux article 124 de la loi fondamentale avait déjà consacré l’égalité de droit entre l’homme et la femme. En 2001 l’Assemblée nationale a proscrit tout mariage polygamique au respect de la convention des nations unies prohibant toute discrimination à l’égard des femmes. Ces dernières disposent du droit de vote et bénéficient des mêmes traitements que leurs homologues du sexe masculin dans la fonction publique. Il ne reste que des poches de pesanteurs sociologiques qui ne pourraient être vaincues qu’au fur et à mesure des progrès sociaux notamment en matière d’éducation, de santé et d’amélioration de la gouvernance publique.

Il est évident que les initiateurs de cette journée avaient pensé à tout sauf à des orgies et des déviances comme c’est désormais le cas tous les 08 mars. Une fête suppose une célébration voire une consécration. Ce qui signifie l’aboutissement des luttes et des combats engagés. On festoie à Cotonou, Ouaga, Abidjan et ailleurs dans les Républiques bananiers pendant qu’à Paris, à Londres et Washington, les femmes manifestent pour la perfection ou la confirmation de leurs droits acquis, le même jour. Si les femmes sont vraiment en fête au Bénin le 08 mars cela voudrait dire qu’elles ont enfin gagné et qu’ils ne reste rien d’autre à faire qu’à célébrer ; célébrer en créant d’énormes entailles dans les caisses de l’Etat. Tout cela amène à une conclusion à double détente :

Soit elles sont naïves soit elles sont de mauvaise foi !!!!

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1295-femmes-fetent-hommes-s.html

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