Ça rit jaune à la bourse du travail !!!

vendredi 14 mars 2014 par Arimi Choubadé

Tous avaient le rictus au sortir des 5 heures d’horloge avec le chef de l’Etat entouré de plusieurs ministres et fonctionnaires du palais, le 12 mars 2014. Ambiance tout aussi morne le lendemain au siège des travailleurs à la bourse du travail. Il a fallu le front des trois ordres d’enseignement pour briser la glace en clamant son envie de poursuivre la grève. Eh oui ! Ceci malgré l’épique round d’échanges avec le president de la République. Alors que les centrales en étaient encore à se demander s’il fallait abdiquer ou pas. Les premiers mots du Secrétaire général de la Csa, Dieudonné Lokossou après l’audience alliaient d’ailleurs lassitude, inquiétude et doute. Les pression tous azimuts ; la nécessité de ne pas aller à une année blanche scolaire et universitaire ; l’avenir des négociations. Le lâché matinal de Martial Souton sur Rfi n’est pas pour arranger les choses quand le ministre proclamait derechef la victoire de son chef, Yayi Boni à l’issue des échanges. Ceci avant que ne soit adopté le relevé des conclusions encore en cours de rédaction par les deux parties.

Déjà que les échos filtrés des échanges avaient de quoi provoquer la grise mine du côté des travailleurs. Ils n’ont pu s’offrir les scalps du préfet Azandé et du commissaire Agossadou dont ils faisaient des préalables non négociables. Droit dans les bottes, le gouvernement a tranché en invoquant l’insuffisance de preuves accablantes à l’encontre des mis en cause et en renvoyant les travailleurs vers les juridictions compétentes en la matière. Sous d’autres cieux, lorsqu’un haut fonctionnaire est appelé à se défendre devant les juridictions pour des actes commis dans l’exercice de ses fonctions, il se rend disponible à la justice en quittant son poste. La crédibilité et l’indépendance de la justice commandent que le prévenu soit déchargé de toutes fonctions officielles lors de sa comparutions devant ses juges. Un commissaire et un préfet en poste devant un tribunal signifie qu’ils bénéficient de tout le soutien politique susceptible d’exercer des pressions sur les magistrats. Mais visiblement, il n’y aurait ni démission ni limogeage avant la fin des procédures judiciaires.

Pour le reste des points en discussion, en dehors de la question du Smig, il fallait se référer à la commission Moïse Mensah pour ce qui est des concours à polémiques ; au ministère des Finances pour la restitution des portions de salaire défalquées en 2012 ; à la commission mixte du dialogue social concernant le relèvement indiciaire des salaires des enseignants. Une sorte de round de confirmation des postures. Rien de plus. À la différence notable que cette fois-ci l’ambiance aurait été moins heurtée avec à la clé les "excuses" de la République officiellement présentées par le chef de l’Etat pour la barbarie policière du 27 décembre 2013. Plus question cette fois-ci de l’allégorie de l’encre versé à la place du sang humain dans le vil dessein de ternir l’image du pouvoir.

Les rictus observés sur les visages au sortir de l’audience avec le chef de l’Etat semblent s’être tous transformé en désillusion. Les négociateurs se refusant d’endosser le statut de looser que leur confère la victoire proclamée par Souton sur Rfi. Tout se jouerait donc sur des questions d’ego. Le miracle n’aurait pas eu lieu parce que personne ne veut paraître comme perdant. Pas d’espoir de voir les classes s’ouvrir de sitôt ou s’éloigner le spectre d’une année blanche scolaire et universitaire. On se doute bien que les centrales n’oseraient contredire le front des trois ordres d’enseignement de peur de griller définitivement leur résurrection inespérée obtenue grâce aux zélés combinés de Azandé et Agossadou. D’ego en ego, de crise en crise, de tension en tension...

C’est loin d’être une voie pour la refondation...

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1297-ca-rit-jaune-a-la-bourse-du.html

Messages

  • Poursuite de la grève en milieu scolaire. Légitimité ou mauvaise foi ?

    En effet suite à cette rencontre entre le chef de l’etat et les secrétaires généraux des centrales syndicales, une rencontre qui a durée près de 6 heures d’horloge, on s’attendait a observer une baisse de température des deux cotés.

    C’est à croire que finalement ils ont passé tout ce temps à jouer au domino.
    A présent ce n’est plus vraiment une question d’intérêt général, mais plutot un bras de fer dans le quel personne ne veut s’avouer vaincu.
    Mauvaise foi des secrétaires généraux qui semble ne pas être gêner par la menace d’une année blanche. Sacrifier l’avenir des apprenants pour 2 personnes. Si s’était pour la hausse du SMIC à 50 .000 f cfa, on pouvait encore comprendre.
    Mauvaise foi du gouvernement. D’abord il faut faire remarquer que à la place de facilitateurs de dialogue, c’est plutot des pyromanes qui sont envoyés. Une volonté manifeste de ne pas céder à la politique de rue. Une observation personnelle, cette crise amuse le gouvernement, lui donne de la matière pour détourner les regards des vrais problèmes de la République.
    En conclusion nous sortons de la bataille rationnelle pour se ranger sur une ligne de combat engager entre "la tête et la queue",la population faisant office de corps.
    Alors une question :
    Poursuite de la grève : légitimité ou mauvaise foi ?

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