Quota par région ou quota par émergent ?

vendredi 28 mars 2014 par Arimi Choubadé

Le coin de voile s’est levé sur les quotas nouvelle génération. Violation massive voire annulation de fait de la loi portant statut des agents permanents de l’Etat, substitution de documents administratifs, amateurisme dans la sélection aussi bien des épreuves et des membres du jury… Il ne s’agit pas là des seules innovations du système des quotas tel qu’inventé par un certain Ousmane Batoko alors ministre de la Fonction publique sous le régime Kérékou II. A l’époque, selon une règle non écrite, certaines régions en l’occurrence celles du septentrion ne devraient plus être pénalisées par des circonstances de compétition du fait de leur grand retard en matière de scolarisation et d’infrastructures sociocommunautaires. Une sorte de discrimination positive fondée sur la région. Pour être honnête, on doit reconnaitre que l’application de cette trouvaille (régionaliste) de Batoko a parfois profité à d’autres départements déshérités autres que ceux du septentrion à savoir ceux du Plateau, du Couffo voire des Collines quand bien même les mesures préconisées ne soient consignées dans aucun texte de la République.

Mais la pratique a beaucoup évolué sous la refondation. Les « quotariens » ne se contentent plus de la région. Finie l’époque où chaque postulant prenait la route de chez lui pour participer aux différents concours de recrutement aux fonctions civiles et militaires de l’administration publique. C’est d’ailleurs grâce à ce système que plusieurs citoyens né ailleurs ont pu découvrir leurs régions d’origine à l’occasion du passage des épreuves des concours. Les chances d’admissibilité se répartissaient selon la provenance des copies et par ricochet des candidats. C’était déjà une entorse grave à l’unité et à la cohésion nationale ; à l’égalité de tous les fils du pays devant la loi. Cela donnait déjà lieu à des situations cocasses avec les mouvements fantaisistes des candidats d’une région à une autre en marge de l’organisation de chaque concours.

A l’avènement du Changement-émergence-refondation, le quota tel qu’appliqué aux régions semblait trop large et susceptible de laisser filtrer des éléments non désirés. En effet, les régions n’étant pas ethniquement assez homogènes, il arrivait très fréquemment que les bénéficiaires du système ne soient pas forcément originaires des départements dits défavorisés. Il a fallu les dénonciations des organisations de la société civile en lutte contre la corruption à propos des concours de recrutements des agents du ministère des Finances en 2012 pour s’apercevoir des détails de la nouvelle génération de quota. Le dispatching a désormais lieu entre émergents-refondés pur sang. Plus question de scruter des actes de naissance afin de vérifier la consonance des patronymes. La cooptation se fait exclusivement et directement par des émergents avérés, et ceci sur l’ensemble des postes à pourvoir et non plus sur un quota réservé.

Le résultat de ce nouveau système a de quoi faire froid dans le dos. L’ainé, le cadet, la nièce et le cousin d’un même directeur ; le planton d’un autre directeur ; un préposé à la saisine des épreuves déclarés admis au concours parce que proche parent d’un organisateur des dits concours etc… Ainsi les émergents-refondés sont sûrs de ne plus voir dans la fonction publique des gens aux origines et motivations douteuses et qui handicaper le clientélisme, la corruption, la fraude et la triche à grande échelle. Tant pis si l’administration publique en prend un sérieux coup en matière de compétence, de probité et de dévouement. N’eut été le concert de récriminations de la part des syndicats, des partis politiques, de la société civile et des médias, le Bénin s’acheminait à petit pas vers une ère des ministères familiaux après les ministères ethniques actuels.

On l’a déjà échappé bel ???

Par Arimi Choubadé
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