Mi grèves...mi moratoires...

lundi 31 mars 2014 par Arimi Choubadé

Une semaine bizarre en ce fin mars 2014 sur le front social où des 6 cosignataires initiaux des motions de grève que se succèdent depuis janvier, il n’en reste que 2. Ils sont 4 à avoir lâché (basculés peut-être dans le moratoire) sans qu’on ne parle de bases à consulter, d’assemblées générales à organiser ou de compte rendu à faire aux grévistes. Une fois de plus, l’arme de la défection en sourdine est apparue ; un peu dans le prolongement du syndicalisme-business décrié quelques jours plus tôt lorsque le Front des trois ordres d’enseignement avait décidé de suspendre la motion de grève, en contradiction flagrante avec les échos venus des consultations sur le terrain. Le mystère s’épaissit davantage donc sur la manière dont le sieur Lucien Langanfin a pu mobiliser toute la presse nationale voire internationale sans recourir au trésorier général de son front face aux services commerciaux des organes de presse solliciter y compris la télévision nationale.

Quelque chose saute également à l’œil en scrutant le profile des centrales dont les signatures manquent à l’appel à la reconduction du mouvement. Leurs différents responsables sont parmi les animateurs de la grève qui n’ont pas osé désavouer publiquement les casseurs de mouvement. Les uns avaient choisi le mutisme indécent, les autres se sont murés dans la justification équivoque autour de la liberté d’expression. Mais jamais une condamnation ferme comme l’avaient fait les deux signataires de la dernière motion. En d’autres termes, toutes les centrales qui ont accepté en leur sein des syndicats de base du Front des trois ordres d’enseignement ont finalement emboîté le pas à Langanfin en se refusant d’appeler à la poursuite de la grève. Ce qui pose, bien entendu, la question sur la corrélation entre le ballon d’essai du front une semaine plus tôt et la défection de fait de certaines centrales.

Finalement, les centrales complaisantes et leurs généraux n’ont pu tenir plus d’une semaine après le moratoire. Ils suspendent de fait sans tambours ni trompettes. Dès le début de cette affaire de moratoire en catimini, certains briseurs de grève n’hésitaient pas à revendiquer une connivence souterraine avec leurs généraux, subitement, devenus muets comme des carpes sur le sujet. L’un d’eux avait d’ailleurs affirmé devant micros et cameras avoir entendu un Secrétaire général confédéral leur dire "prenez vos responsabilité pour ne pas blanchir l’année". Une manière de faire faire la besogne aux seuls enseignants comme si le dessein était d’exécuter un marché par des collaborateurs sans en assumer directement la responsabilité. Néanmoins, il fallait rentrer dans les rangs le plus rapidement possible afin d’éviter des délations et autres déballages compromettants de ces mêmes collaborateurs désavoués (le Front des trois ordres d’enseignement) ainsi exposés à la colère de la base. Plus les traîtres sont nombreux plus cela démobilise la base.

Le front social oscille finalement entre des moratoires en série et une grève résiduelle. Même les grandes victoires acquises face au pouvoir n’ont pas permis de conjurer cette atmosphère d’affairisme ambiant à l’occasion de chaque mouvement syndical d’envergure. Les déclenchements de grève, en fanfare, suivi, au bout d’un moment, de revirements spectaculaires et incompréhensibles. De l’avis de nombreux citoyens, la fronde contre les violences du 27 décembre 2013 n’a tenu aussi dur et aussi longtemps que grâce, cette fois-ci, à une exceptionnelle mobilisation du terrain. Les petits travailleurs veillaient jour et nuit sur leur "chose" pour ne pas subir une capitulation "intéressée" de leurs généraux. Malgré tout ça, et malgré leur mobilisation constante, la reddition, même partiel, a lieu. Il paraît qu’il faut sauver l’année scolaire, alors que les régies financières du pays sont toutes fermées pour ces faits de grève.

Grève donc pour les caisses de l’Etat et moratoire pour l’école, la santé et la justice...

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1306-mi-greves-mi-moratoires.html

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