À défaut de l’économie, sauver la démocratie !!!

vendredi 4 avril 2014 par Arimi Choubadé

À tous les désillusionnés du Yayisme primaire, tout n’est peut-être pas perdu. C’est vrai qu’il va être difficile d’atteindre la croissance à deux chiffres en moins de deux ans alors qu’on n’a pas pu le faire en 8 ans. De circuler sur 50 km à partir de Cotonou sans tomber sur des routes défoncées et impraticables. De compter 600 mille tonnes de coton comme promis en début de règne. De faire rendre gorge aux auteurs des éléphants blancs du "musée national de la corruption" dressé au bord de la lagune de Porto-Novo (14 milliards en pure perte), de la tribune à gaz de Maria Gléta (44 milliards), des ports secs de Tori et de Parakou, de l’aéroport de Tourou et autres. De ramener aux pays tous les investisseurs déçus, désabusés et pressurés par une administration corrompue et obnubilée par l’obligation de financer les meetings de week-end, les prières de remerciement et les marches de soutien. Difficile vraiment de faire du Bénin un eldorado pour les affaires et les opportunités économiques pour les deux ans de fin du régime.

Je suis d’ailleurs conscient que cette caricature ne fait pas l’unanimité et que la propagande voit déjà les 8 années de changement-émergence-refondation sous une autre lucarne. En effet, iĺ paraît que le revenu par habitant aurait considérablement augmenté. Que tout le pays serait en chantier, ce qui explique les calvaires systématiques sur presque tous les axes routiers du pays. Que la quantité d’eau par habitant aurait augmenté également ces quelques années. Et que l’environnement des affaires se serait amélioré. Un bilan laudateur pour lequel certains n’hésitent pas à réclamer un rallonge exceptionnel pour le docteur-president malgré les déboires rencontrés par le projet de révision constitutionnelle à l’Assemblée nationale surtout dans les rangs de la majorité présidentielle.

Au-delà de ces querelles de coépouses, il y a bien un domaine dans lequel le régime peut encore accomplir des prouesses même en deux ans. Une sorte de rattrapage capable de faire pardonner bien des dérives de parcours. Oui, la bêtise préfectorale à propos de l’interdiction des marches de protestation contre le gouvernement a été rapportée. Oui, les manifestations publiques peuvent avoir désormais lieu partout sur le territoire national sans attirer la foudre d’une soldatesque qui n’a que faire des libertés publiques et individuelles. Oui, le droit de grève a été réhabilité après la quasi disparition de la menace de défalcation sur salaire pour fait de grève. Mais la marge de progression de l’amélioration de l’environnement démocratique est encore très grande.

En effet, il y a cette fâcheuse réputation d’élections en retard à gommer. Jamais d’élections à bonne date depuis l’avènement du régime Yayi en 2006. Législatives 2007, municipales 2008, présidentielle et législatives 2011, municipales 2012, aucune de ces élection ne s’est tenue à date légalement voire constitutionnellement échue. Le dernier baroud de ce règne c’est de faire tenir, enfin, les municipales initialement et légalement prévues pour 2012, déjà en retard de plus d’un an. Ce serait donc un acquis que les conseils municipaux soient enfin renouvelés selon les prescriptions légales. Le régime peut faire également absoudre une partie de ces péchés en matière d’organisation des élections en faisant tenir à bonne date les législatives de 2015 et les présidentielles de 2016. En bonus pourraient intervenir le fameux dialogue politique, le retour au pays de certains hommes d’affaires en rupture de banc avec le gouvernement ou son chef, l’élargissement des gens détenus contre les avis des cours et tribunaux, et pourquoi pas la loi sur le financement des partis politiques ?

Il y a encore de la place pour une sortie honorable...

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1308-a-defaut-de-l-economie-sauver-la.html

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