Comme si le conseil des ministres était une richesse...

jeudi 24 avril 2014 par Arimi Choubadé

Cotonou, qui en connu des milliers et des milliers depuis la naissance de l’Etat dahoméen devrait en être très riche. La ville portuaire en a vu d’ordinaires, d’extraordinaires, de partiels, d’anticipés et d’autres encore. Et pourtant, elle peine à se départir des ordures, à en finir avec les rigoles infectes, les rues défoncées, les nuits pleines de moustiques. Malgré les innombrables conseils des ministres hebdomadaires voire quasi quotidiens à certains moments forts de la refondation. Voilà que le gouvernement décide d’offrir ces conclaves au sommet de l’Etat à d’autres villes du pays. Pourvu qu’elles parviennent à apprécier toute la "richesse" qu’on peut tirer de la posture de devenir, l’espace d’une demie-journée, le centre de gravité de tout un pays. Au delà du prestige et des ballets officiels. Déjà il parait que Porto-Novo a retrouvé un nettoyage circonstanciel de ses principales artères à l’occasion. Même si comme dirait mon confrère Vitali Boton sur son mur Facebook : "...les uns l’ont fait pour mériter leur poste et les autres pour en avoir un".

Accordons néanmoins aux refondateurs la bonne foi présumée à propos du bien fondé des conseils des ministres tournants. N’avaient-ils pas expérimenté cette initiative au début du régime avant d’y mettre fin sans autre forme de procédure. On suppose donc que le projet à été bien mûri cette fois-ci et que cela ne peut apporter aux populations que du bonheur et de l’abondance. Peut-être par la vente de pins, d’autocollants à l’effigie des participants, de signatures d’autographes ou de collectes de fonds auprès des ministres pour des œuvres de bienfaisance. Bref, de la mobilisation de fonds non prévus au budget. En effet, ce serait très difficile de justifier la réalisation d’un projet juste parce qu’en bas du compte de la séance figure la mention : " fait à Porto-Novo, le 23 avril 2014". Tant que cela provient du budget national, le lieu de l’annonce ne compte que pour du beurre. D’autant plus que tout les dossiers ont été étudiés et validés par des cadres dans les ministères à Cotonou avant l’introduction en conseil des ministres délocalisé.

Des milliards pour les villes concernées ? Plus de victuailles dans les assiettes ? Beaucoup d’emploi pour les jeunes ? Fin de la pauvreté dans les ménages ? Rétrocession aux spoliés des fonds détournés par les faux placeurs d’argent ? Ou enfin disparition du délestage sauvage ? Dans tous les cas, il faut que les ressources s’obtiennent en dehors du budget grâce aux ministres venus tenir leur réunion hebdomadaire : une tontine, un tombola, une souscription, une kermesse de sorte à mettre à contribution la spécificité de chaque ville. Les citoyens pourraient apprécier les facultés d’émulation des communes en question. À la fin du périple, le gouvernement pourrait exhiber la moisson pour faire taire définitivement les railleries ayant accueilli l’annonce de la délocalisation et faire oublier les nuisances pour les habitants d’un déplacement du gouvernement et de son chef.

À défaut donc de la capacité intrinsèque de la délocalisation à générer des ressources propres il ne resterait que la caricature. La plupart des Béninois ne retiendraient finalement que les frais de mission pour les ministres et autres accompagnateurs, les frais de carburant, les frais de bouche, les embouteillages, les bavures des militaires en jalonnement et l’arrogance des escortes policières. À la fin du périple, il va falloir tenir une comptabilité stricte. Si c’est pour des annonces sur financement du budget nationale pas la peine d’une délocalisation onéreuse ; cela peut se faire depuis la salle du conseil des ministres du palais de la Marina. Pourquoi ne pas réajuster l’opération par des actions itinérantes de mobilisations de fonds pour le reste des étapes pendant qu’il est encore temps ?

À vos poches messieurs les ministres !!!

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1315-comme-si-le-conseil-des-ministres.html

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