Talon et Bocco sauvés par la Cour suprême ???

mercredi 7 mai 2014 par Arimi Choubadé

Avant le vendredi 02 mai 2014, Patrice Talon et Olivier Bocco étaient dans une sombre incertitude. Peut-être pas dans leur pays d’asile, la France où la question de leur extradition est définitivement réglée, en leur faveur. Mais au Bénin, la Cour d’Appel, bien qu’ayant validé les ordonnances de non-lieu du juge Angelo Houssou, avait ordonné une disjonction du cas des deux "fugitifs". La validation du non-lieu ne concernait donc que les autres prévenus détenus sur place au Bénin et écoutés par le juge instructeur auteur des ordonnances. Il fallait donc pour Talon et Bocco se présenter un jour, de gré ou de force, devant un juge béninois pour espérer un règlement définitif de leur cas. Au risque d’un procès par défaut assorti de condamnation. C’était le scénario probable au lendemain du 1er juillet 2013 après l’arrêt de confirmation des ordonnances du juge Angelo Houssou.

Le 02 mai 2014, les deux "fugitifs" voient leur situation complètement chamboulée. Les juges de la Cour suprême venaient de réactualiser les ordonnances de non-lieu qui les avaient exempté de toute poursuite judiciaire. Leur absence du territoire national durant l’instruction n’a même pas été pris en compte par le rédacteur des ordonnances. Conséquences, Patrice Talon et Olivier Bocco, exclus des ordonnances de non-lieu par la Cour d’Appel y reviennent en fanfare par le truchement de la décision de cassation de la Cour suprême. Il n’est donc pas exclu que la Chambre d’accusation de la Cour d’Appel autrement constituée confirme les fameuses ordonnances querellées pour le plus grand bonheur de l’ensemble des mis en cause y compris les deux exilés. Surtout que dans ce dernier cas, le dossier ne retourne plus devant la Cour suprême.

Les autres protagonistes du dossier, ceux incarcérés au pays et leur victime présumée, par contre, ne sauraient prétendre avoir obtenu une satisfaction significative. Du côté de la victime de la tentative présumée d’empoisonnement ou de coup d’Etat, en effet, le seul gain de la cassation est d’avoir obtenu un différé dans l’exécution des ordonnances à polémiques. En effet, tous les suspects identifiés restent en détention. Le seul espoir pour la victime réside dans la perspective d’une annulation des ordonnances cette fois-ci. Ce qui pourrait donner lieu directement aux assises. Cette probabilité était d’ailleurs très grande après le prononcé de la disjonction. L’espoir risque néanmoins de partir en fumée pour la victime en cas de reconfirmation des ordonnances en l’état par la Chambre d’accusation. Pour les autres protagonistes à savoir les détenus, le calvaire se prolonge suite à la décision du 02 mai 2014. Ils courent aussi le risque d’un rejet qui les conduit tout droit vers la Cour d’Assises quand bien même une confirmation des ordonnances, synonyme de libération pour eux, est plus que probable.

Ainsi pris isolement, chaque protagoniste peut évaluer les avantages et les inconvénients liés aux nouveaux développements intervenus le 02 mai 2014. Pour les deux exilés de luxe parisiens, par contre, il y que du bonus dans ce nouveau virage. En effet, la disjonction ordonnée par la Cour d’Appel, le 1er juillet 2013, les envoyait tout droit vers un procès en bonne et due forme, si possible par contumace, vu la gravité des faits qui leur sont reprochés. Rien ne pouvait donc leur arriver de mieux si ce n’est leur retour dans les ordonnances de Angelo Houssou après la décision de la Cour suprême. Il n’y a donc que ces deux-là pour savourer vraiment une victoire aussi maigre soit-elle. De la certitude d’un procès, ils en sont actuellement à l’espoir d’une relaxation pure et simple dans l’hypothèse où les nouveaux juges seraient amenés à valider l’ensemble des ordonnances sans disjonction aucune.

La bonne affaire donc pour les deux fuyards...

Par Arimi Choubadé
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