Qu’a dit la table ronde de la Lépi ???

vendredi 27 juin 2014 par Arimi Choubadé

Plusieurs milliers de milliards de Cfa récoltés sous forme d’intention d’investissement pour le Bénin à l’issue de la table ronde de Paris. Le chef de l’Etat, lui-même, évoque le faramineux chiffre de 10.000 milliards Cfa. De la manne exclusivement destinée à la boucle ferroviaire, au port, au coton, à l’industrie, au tourisme, à l’énergie, aux routes etc... De quoi relancer l’économie nationale et lutter significativement contre la pauvreté. Le triomphe organisé en l’honneur de la délégation présidentielle du retour de Paris, à l’aéroport international Cardinal Bernadin Gantin témoigne de la forte attente de la population. Maires et autres élus n’ont d’ailleurs pas manqué de saluer bruyamment l’élan venu de la table ronde. Le boom économique enfin à portée de main. Seule ombre au tableau, qui ne transparaît nulle part dans les conclusions de Paris, c’est la mise en quarantaine des élections au Bénin, un pays incapable de tenir le moindre scrutin depuis plus d’un an, même à l’échéance des mandats électoraux comme c’est le cas pour les élus municipaux et locaux.

Quoi que disent les acteurs de tous bords, il apparaît clairement que ce blocage doit pour beaucoup à la trésorerie titubante de l’Etat. Les démonstrations en comptabilité de consommation de crédit contenues dans la décision Dcc 14-103 du 27 Mai 2014 de la Cour constitutionnelle ne changent rien à la réalité. En février 2014, le total des décaissements faits par le gouvernement avoisine 4,1 milliards, selon les constats des "sages", or, depuis novembre 2013, le Cos/Lepi aurait dû finir de consommer près de 14 milliards. Les correcteurs du fichier électoral, quant à eux, multiplient les prolongations du délai d’achèvement au point de faire languir un électorat impuissant qui ne connait toujours pas le jour où il pourrait retourner aux urnes. Même le énième délai d’achèvement fixé à novembre 2014 n’offre aucune garantie si l’effort financier de l’Etat ne dépassait pas les 4,1 milliards totalisés au 07 février 2014.

Encore un petit effort et le fichier électoral "exploitable" et acceptable de tous les acteurs pourrait sortir de l’impasse. Moins d’une dizaine de milliards et les bureaux de vote peuvent ouvrir à nouveau leurs portes dans les meilleurs délais. Une quantité infinitésimale à comparer avec la dizaine de milliers de milliards attendue de la table ronde de Paris. À moins que les investisseurs identifiés considèrent les élections à bonne date comme un élément d’appréciation négligeable dans l’environnement des affaires. On voit mal, en effet, un investisseur s’épanouir dans un pays où les mandats électoraux ne sont pas renouvelés à temps pour ne pas dire sont bloqués. Surtout lorsqu’on en vient à des mandats législatifs et présidentiels non-susceptibles de prolongation sans une modification de la constitution.

Même si les officiels béninois présents aux assises de Paris avaient omis d’insérer le plaidoyer pour le financement de la Lépi dans les échanges, les investisseurs auraient dû y penser. C’est de la sécurisation de leurs intentions d’investir qu’il s’agit. En effet, personne ne saurait prédire ce que serait le climat politique et social au Bénin si les législatives ne se tiennent pas en 2015 et que la présidentielle connaisse le même sort en 2016. La stabilité dont s’est toujours prévalu le Bénin tient pour l’essentiel à sa démocratie et à son aptitude à l’alternance au pouvoir sans violence et écueils majeurs. Une capitale confiance fortement érodée actuellement pas l’absence d’élections à bonne date.

Aider à consolider la démocratie c’est aussi sécuriser son investissement...

Par Arimi Choubadé
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