Après le foot de la télé, enfin le foot à Kouhounou !!!

vendredi 18 juillet 2014 par Arimi Choubadé

Cette fois-ci, c’est du foot réel, du foot de proximité, du foot béninois. Assis dans les gradins, des compatriotes entièrement acquis à la cause de leur Onze national sans caméras interposées. Dans la chaleur et la communion humaines. Le samedi 19 juillet 2014 au Stade Charles de Gaule de Porto-Novo pour le match des cadets face à leurs homologues du Mali comptant pour les éliminatoires de la Can de leur catégorie ; puis le lendemain 20 juillet au Stade de l’Amitié de Kouhounou à Cotonou pour le derby des seniors entre le Mali et le Bénin au titre du 3ème tour préliminaire de la Can senior Maroc 2015. Il ne s’agit pas de fantasmes devant un écran pour de lointains acteurs visibles uniquement par la télévision ou les médias. Place à la passion saine, au partage de l’amour pour le drapeau national avec des compatriotes en maillot. Exactement comme cela se passe dans tous les stades du monde où les citoyens savent se mobiliser derrière leurs équipes nationales, envers et contre tous. C’est le minimum que pouvaient attendre les Écureuils, toutes catégories confondues, de leurs compatriotes.

C’est peut-être plus contraignant de payer un ticket d’entrée au stade que de rester chez soi devant sa télé en se proclamant supporteur du Real, du PSG ou du Barça. En y regardant de près, les amateurs de foot à la télé devraient constater sur leurs écrans aussi bien des stars sur la pelouse mais également de milliers de gens en transe dans les gradins ; la passion du foot. Cette fois-ci, il est question de passer du rôle de supporteur-télé de stars d’ailleurs à celui de supporteur de stars nationales ; des stars nationales que tout le monde peut congratuler physiquement à la fin des matches ou auprès de qui les plus jeunes peuvent s’offrir des autographes entre deux séances d’entraînement. Sans oublier que des stars internationales, l’équipe du Bénin en regorge aussi à l’instar de Sessegnon sociétaire du même club que Nicolas Anelka et évoluant dans le même championnat que Yaya Touré, Van Persie, David Luiz, Samuel Eto etc... Un autre Ecureuil, David Gnigla évolue désormais à Monaco, club de James Rodriguez et de Falcao. On pourrait multiplier les références.

Revient alors la traditionnelle rengaine du boycott passif du foot national au motif que les dirigeants seraient indignes. Un combat vain puisque la légitimité au sein du comité exécutif de la fédération ne s’acquiert pas par suffrage universel. Aux dernières élections à la Febefoot le corps électoral n’atteignait même pas 50 votants. On ne peut logiquement pas priver un peuple de 10 millions d’âme de la fièvre du ballon rond juste par aversion personnelle pour 50 individus. Surtout en considérant les énormes risques que prennent les joueurs pour venir défendre le maillot national au péril de leurs carrières en club. Le foot s’exprime en effet dans la diversité de ses acteurs : les pouvoirs publics, la Febefoot, l’encadrement technique, les clubs, les supporteurs et enfin les joueurs. Prétexter une détestation des seuls dirigeants pour sacrifier toute la chaîne manque de logique. L’argument du contribuable exigeant parait très insuffisant puisqu’aucun gouvernement n’organise de référendum avant de mettre de l’argent public dans le foot. De là à vivre sa passion du foot par procuration à travers un écran de télé...

A chaque citoyen de déterminer le rôle qu’il entend jouer dans le système. Pour siéger à l’assemblée générale de la Febefoot, il faut créer un club afin de pouvoir agir à l’interne sur la "mafia du foot" ; ou exceller dans les performances sportives pour être un joueur pratiquant ; ou encore infiltrer l’appareil étatique pour décider de l’orientation ; ou enfin se rendre au stade pour supporter tout simplement. Un supporteur ne peut prétendre jouer le rôle des dirigeants ou des joueurs ou de l’encadrement technique. Malgré la débâcle des Brésiliens en demi-finale du mondial 2014, les commentateurs ont très peu lancé des piques acérées à la fédération brésilienne de football voire même au gouvernement brésilien. Cela n’a pas empêché les supporteurs de faire tribune comble lors du match de classement perdu contre la Hollande. Ce n’est pas pour faire plaisir à la fédération qu’on supporte ses équipes nationales.

Ici ce n’est plus la télé, c’est du réel sur la pelouse !!!

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1348-apres-le-foot-de-la-tele-enfin-le.html

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