Quelque chose de pourri à la bourse du travail...

lundi 21 juillet 2014 par Arimi Choubadé

Imaginez un sexagénaire révolu parodiant un de ses collègues syndicalistes en mimant une démence imaginaire devant micros et caméras. L’ubuesque scène se passe à la bourse du travail de Cotonou. Des secrétaires généraux de centrales syndicales tentaient ainsi d’expliquer les raisons de leur aversion pavlovienne envers celui qu’il essaie de présenter comme le nouveau paria du milieu. Le "mouton noir" désigné a nom Paul Issè Iko, SG de la Cstb. Ses compatriotes "ennemis" n’hésitent pas à se vanter publiquement de l’avoir humilié lors d’une rencontre de l’Oit à Genève en boycottant son discours au motif que le speech serait truffé de fautes d’orthographe. Un processus d’ostracisation dont l’épilogue a été écrit en lettres d’or, il y a quelques jours, à l’occasion de la désignation des représentants des travailleurs au Conseil économique et social. La Cstb de Iko, toute puissante de ses 44% aux dernières élections professionnelles de 2006, s’est vue éjectée au profit de ses autres concurrentes dont certaines n’avaient même pas pu atteindre 2%.

Il n’y a pas que la cabale anti-rouge et les insultes puantes à l’endroit du SG/Cstb accusé au passage par Dieudonné Lokossou de gloutonnerie à la salle du conseil des ministres. Point n’est besoin d’attendre une quelconque inquisition de l’inspection générale d’Etat pour que la fétidité de la bourse du travail ne s’étale sur la place publique. Le ralliement des syndicalistes à la croisade des magistrats contre la proposition de loi leur supprimant le droit de grève a permis d’en apprendre davantage sur la crise de sénilité qui s’est emparée du syndicalisme au Bénin. Un syndicalisme devenu une affaire de vieillards et de retraités : Lokossou, Todjinou, Metognon etc... Aux dernières nouvelles, même Issè Iko devrait faire valoir ses droits à la retraite dès octobre prochain.

Parlons de la fronde des magistrats et de son volet kermesse hebdomadaire à Porto-Novo tous les jeudis. La procession qui se voulait, au départ, une dénonciation citoyenne empreinte de gravité et de solennité s’est très vite transformée en carnaval festif au cours desquels les syndicalistes viennent démontrer leurs talents de bons viveurs, virevoltants danseurs de foire. Le Directeur de cabinet du president de l’Assemblée nationale a dû faire les frais des festoyeurs en se faisant refouler au moment où il s’apprêtait à recevoir la motion destinée à son patron. Une volonté d’humiliation qui est monté d’un cran au deuxième jeudi où Lokossou s’est permis de lancer à la face du haut fonctionnaire, devant une foule conditionnée : " je me demande si vous avez une dignité". Le vieux syndicaliste de lui recommander ensuite de désobéir désormais à son patron, le président du parlement.

Passons sous silence les quolibets de l’autre ténor de la raillerie syndicale, Pascal Todjinou. Le Lokossou revient d’ailleurs passer une couche sur la puanteur le dimanche 20 juillet 2014 sur Océan FM en traitant le même DC/Parlement de vaguemestre parce qu’il serait venu, lui-même, déposer un courrier de protestation au secrétariat du grand syndicaliste. À la bourse du travail, un geste de courtoisie pourrait très vite devenir un casus belli voire un crime de lèse-SG. Comlan Dadegnon l’a appris à ses dépends. La réputation de cette bourse du travail n’est donc plus à faire. Front de défense de la démocratie, alternative citoyenne, soulèvement contre la Lépi et même mercredi rouge en savent quelque chose pour avoir tous perdu de leur substance à leur contact avec le monde syndical. Heureusement que Michel Adjaka semble avoir flairé le danger en coupant court à l’emballement syndical et acceptant remettre sa motion à celui que Nago aurait désigné le jeudi prochain, 24 juillet 2014.

La bourse du travail en a-t-il conscience ???

Par Arimi Choubadé
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