Au cœur de la puanteur parlementaire !!!

jeudi 31 juillet 2014 par Arimi Choubadé

Le vrai visage du parlement béninois. Il a fallu ce débat autour de la proposition de la loi sur la suppression du droit de grève aux magistrats. Tout y passe : injures, charabias, entourloupes, mensonges, intrigues, bouffonneries, parjures… Une nuit du 29 au 30 juillet 2014 que certains citoyens auraient vécu comme un cauchemar ou un mauvais film. A quelques jours de la célébration de la fête nationale et au lendemain du ramadan. Désolé pour les personnes sensibles et autres mineurs ayant subi ces échanges dignes d’une République vraiment pourrie par le sommet. Rassurez-vous, l’exercice ne consiste pas à recenser à travers cette chronique les détails de ces échanges nauséeux ayant provoqué le haut-le-cœur auprès de nombreux Béninois. Néanmoins, il me plait de revisiter quelques morceaux choisis tout en faisant l’effort de ne pas en rajouter au dégout généralisé.

Grande attraction de ce débat, la présence au sein de l’hémicycle de l’inclassable Rachidi Gbadamassi que l’on croyait sous éteignoir depuis la réouverture du procès sur l’assassinat du juge Coovi à Parakou et les témoignages croustillants en sa défaveur. Il a craché du feu : sa fierté d’avoir séjourné en prison (ce qu’il recommande d’ailleurs à tout prétendant à une carrière politique), sa menace de faire « dégringoler » tout le Bénin rien que par sa parole, son défi à ceux qui l’attaqueraient quotidiennement sur facebook (des poltrons qui manquent de couille), ses révélations sur des magistrats adorateur d’argent (sans citer de nom bien sûr, lui le grand courageux). Du grand renfort pour les partisans du retrait de grève aux magistrats dont les soutiens s’étiolaient depuis quelques semaines avec les retraits successifs de signature de certains compagnons de départ.

Facebook ; ce réseau social aura été très présent dans le débat. Surtout de la part des partisans de la proposition de loi en débat qui se disent victimes de « mitraillage ». Visiblement ulcérés de ne pas régner sur ces réseaux sociaux en seuls maitres comme ils l’ont fait sur la chaine nationale Ortb. Débourou s’est offert le plaisir de lire à ces collègues quelques passages aigres-doux de facebookeurs sur sa personne. Avant que son collègue Eric Houndété ne lui rappelle toutes les insanités que les préposés à la propagande débitent à longueur de journée sur les personnalités du camp d’en face. Grands moments de dérive en plein hémicycle lorsque l’un d’entre eux, pour se rendre intéressant, croit savoir que ces compatriotes du « sud » manquerait de solidarité. Ou encore lorsqu’un autre renie carrément son mandat de représentant de tout le peuple en affirmant qu’aucun magistrat ne figure dans son électorat.

Mais ces bisbilles par internautes interposés sont peu de choses face à la mesquinerie ambiante au sein du parlement. Des députés aptes à falsifier des procurations, tripatouiller des rapports de commissions, manipuler des dispositions du règlement intérieur, médire de leurs collègues. Une proposition de loi, elle-même, truffée de mensonges et de références dolosives. Lors de son retrait de signature, il y a quelques jours, le député de la Rb, Yacoubou Malèhossou s’était plaint d’avoir été abusé par les exposés mensongers justifiant l’initiative de retirer le droit de grève aux magistrats au motif que le législateur français aussi l’avait fait. Ne parlons pas des pratiques d’achat-vente de vote des élus du peuple entendues lors des débats. Dire que c’est à partir de cet antre de l’amoralité qu’on prépare une punition collective à des fonctionnaires dont le seul tort est d’avoir revendiqué de meilleures conditions de travail et le respect des normes régissant leur profession.

De la réputation à la confirmation, le pas a été franchi ce jour-là …

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1352-au-coeur-de-la-puanteur.html

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