On a déjà beaucoup réfléchi à la cherté des élections, Monsieur le président !!!

mercredi 24 septembre 2014 par Arimi Choubadé

Le grand débat sur le coût des élections ? Nouvel cheval de bataille du chef de l’Etat est connu depuis le lundi 22 septembre 2014. Le refondateur en chef ambitionne de faire réaliser de substantielles économies au trésor public lors des différents processus électoraux. Le défit d’organiser en l’espace de quelques mois des municipales et locales, des législatives puis des présidentielles, à moindre coût. Il paraît que les factures cumulées du Cos/Lépi et de la Céna font dresser les cheveux sur des têtes au palais de la Marina. Le seul problème, c’est que le débat sur la réduction du coût des processus électoraux intervient après des ultimatums croisés d’une part de Sacca Lafia qui prévient qu’il n’y aurait pas de fichier électoral disponible avant la fin 2014 si son institution ne recevait pas le solde de son budget soit 3 milliards avant le 20 septembre, et d’autre part celui de Me Adrien Houngbédji, se référant au nouveau code électoral qui soutient qu’il ne pourrait y avoir d’élection avant la fin décembre 2014 si le corps électoral n’était pas convoqué avant le 02 octobre.

L’autre réalité est qu’il y a eu plusieurs réflexions sur le coût des élections ces dernières années. Toutes les améliorations apportées aux lois électorales depuis quelques années n’avaient que cette hantise. Le nouveau code électoral en est un laborieux aboutissement. De 25 membres en 1999, le nombre de membre de la Céna est passé à 17 puis à 9 en 2011 avant de se voir considérablement réduit à 5 en 2014. Par ailleurs, l’une des grandes trouvailles de ces dernières années demeure le transport du matériel électoral par le génie militaire sous le prétexte de faire gagner de l’argent à l’Etat. A tout cela s’ajoute, la latitude que se donnent désormais les argentiers nationaux en imposant des réductions drastiques aux différents budgets élaborés par la Céna au risque d’empiéter sur l’autonomie financière de l’institution.

Néanmoins, le débat sur le coût des élections au Benin ne manque pas d’intérêt même s’il survient en fin d’exercice budgétaire alors que le Cos/Lépi est presque à 2/3 de consommation de son budget initial (6 milliards sur 9). Il fallait trancher entre le débat de la cherté des élections et celui de l’urgence de respecter le calendrier électoral constitutionnellement établi pendant la confection du budget national. La trop grande fréquence supposée des élections procède d’un choix délibéré du peuple souverain béninois qui a consacré dans sa loi fondamentale le délai des différents mandats électoraux. Les délégués à la conférence nationale de 1990 savaient à l’époque déjà que le parlement devrait être renouvelé tous les 4 ans, le président de la République tous les 5 an, et que des élus locaux devraient être périodiquement désignés par la voie des urnes. A moins de supprimer définitivement toutes élections et consacrer tout le budget afférent à des tâches plus dignes d’intérêt aux yeux du refondateur en chef. Pourquoi pas abolir la République pour laisser place au royaume où l’alternance n’a lieu qu’à la mort du roi ? À bas les élections ! Vive le roi !

Passons la cherté des scrutins multiples et intéressons nous à la trajectoire des milliards décaissés à l’effet. Ce n’est pas juste de penser que le Bénin s’appauvrit en investissant dans un processus électoral. Il s’agit, en fait, d’argent injecté dans le circuit économique national. Ce sont des agents électoraux, des membres des démembrements de la Céna, des imprimeurs de bulletins de vote et de cartes d’électeur, des prestataires de service, des fournisseurs qui s’offrent ainsi des opportunités de revenu. Ne parlons pas des "farotages" des ministres lors des meetings au cours desquels ces derniers distribuent des billets de banque à tout adulateur à portée de main. L’économie réelle n’aurait donc rien perdu. L’argent ainsi déversé dans la population devrait servir à relancer la consommation et certainement la croissance puis l’économie nationale. Tous les banquiers du régime savent qu’il ne s’agit pas d’argent perdu, quel que soit son coût direct sur le trésor public.

Donnez nous l’argent pour aller aux urnes !!!

Par Arimi Choubadé
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