Et si on respectait un peu plus la loi et le Cos/Lépi ???

lundi 29 septembre 2014 par Arimi Choubadé

Comme si un beau matin, Sacca Lafia, Augustin Ahouanvoebla, Nicaise Fagnon et associés se sont installés dans des villas de la Cen-Sad en s’autoproclamant Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos/Lépi). On n’en vient presque à oublier que cette structure a été créée par une loi dite de correction du fichier électoral, au prix d’âpres conciliabules entre majorité et minorité. Le législateur l’a même doté d’une autonomie financière et a imposé à ses membres de prêter serment devant la Cour constitutionnelle exactement comme l’a fait le chef de l’Etat à son entrée en fonction. Sa mission légale est d’apprêter la liste électorale devant servir aux différents scrutins. De ce fait, il devient la base de tout le processus électoral et le point de départ de tous les délais à commencer par la date de convocation du corps électoral.

C’est le lieu de s’interroger alors sur les motivations réelles de cette volée de bois verts sur le Cos/Lépi. Tout le monde s’y est mis : députés, ministres, grogneurs, journalistes, acteurs politiques y compris des membres de ce même Cos ou certains de ses agents. Mais jamais les détracteurs n’ont avancé la moindre disposition légale mise à mal par les mis en cause. Le pire c’est que Lafia et les siens n’ont pas les moyens de riposter. Leurs cogneurs savent qu’ils ne peuvent s’offrir un service de communication conséquent, désargentés qu’ils sont. Chaque délateur du Cos essaie d’apporter sa précieuse contribution à l’œuvre de confusion et d’incertitude autour des élections. Le raccourci le plus usité actuellement sur la place publique, c’est de pouvoir jeter l’anathème sur tout le processus de correction du fichier électoral en assénant les coups les plus acerbes aux correcteurs.

Les critiques auraient dû s’en prendre à la loi elle-même sans que personne ne crie au scandale et au lynchage. Dans ce cas, les récriminations devraient s’adresser au parlement en vue de l’amener à rectifier les imperfections. Puisque c’est de cette loi que le Cos tire sa légitimité, son fonctionnement et son financement. La même loi qui a défini les différentes étapes du processus. Les membres de l’institution n’ont donc rien inventé par eux-mêmes en dehors d’encadrer les opérations conformément aux dispositions légales. Mais pour y parvenir il faut des moyens. Lafia avait espéré acquérir 200 ordinateurs afin d’accélérer l’étape de la lecture optique mais il n’en dispose finalement que d’une centaine ; les agents conviés à la tâche perçoivent de modiques rémunérations payées avec de grands retards ou carrément impayées. Fournisseurs et autres prestataires de service traînent des factures en attente d’être réglées depuis plusieurs mois. Pendant ce temps, quelques petits malins font diversion sous prétexte que les avantages et indemnités des membres du Cos seraient exorbitants bien que le régime financier de l’institution soit indexé sur les normes applicables à toutes les autres institutions de la République.

Aussi curieux que cela puisse paraître aucun des très fâchés contre le Cos n’évoque ce qu’il y a lieu de faire, légalement, lorsque l’argent devant servir à l’opération n’est pas décaissé à temps. Des élections à bonne date passent obligatoirement par l’achèvement de la mission du Cos/Lépi. Tant que le fichier n’est pas prêt inutile de songer à la convocation du corps électoral, quel que soit le chronogramme établi. Tout combat pour la bonne tenue des élections crédibles part du respect des décaissements destinés à la correction de la Lépi. Couplage, report, retard ont tous un dénominateur commun à savoir l’achèvement ou non de la correction de la Lépi. Il en sera ainsi jusqu’en 2015, 2016 ou 2020... si les choses restaient en l’état. Toute la phraséologie ambiante du moment ne servirait à quelque chose que si son but ultime est de permettre le décaissement dans les délais des fonds du Cos.

Sans argent au Cos puis à la Céna, pas d’élection... même en 2050 !!!

Par Arimi Choubadé
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