Quand des ingénieurs se mêlent du scandale du musée de la corruption !!!

lundi 6 octobre 2014 par Arimi Choubadé

Un chantier abandonné depuis plus de deux ans ; le béton dénudé et exposé aux intempéries ; une décrépitude à vue d’œil ; du matériel roulant totalement rouillé ; des engins lourds envasés ; un régime financier complètement brouillé ; et pourtant des experts prétendent que tout va bien et que le contribuable peut continuer à se saigner sur le chantier du "musée national de la corruption" comme si le passé de cette affaire n’a jamais existé. 14 milliards déjà injectés et il faut en dépenser davantage pour poursuivre les travaux. Au moment où le processus électoral est plongé dans les incertitudes pour moins de 3 milliards à décaisser au profit du Cos/Lépi. Or, selon les dires du président de l’Assemblée nationale lui-même, la bâtisse aurait pu être réalisée, gracieusement, par la République du Chine. Les fameux experts n’ont pu percer le mystère du refus du don au profit d’un si lourd sacrifice financier pour le pays.

Peut-être que le cahier des charges des évaluateurs se limite à l’aspect physique du monstre érigé sur les bords de la lagune de Porto-Novo. Demeure cependant la préoccupation qui hante tous les citoyens à savoir les raisons pour lesquelles le trésor public a décaissé 14 milliards pour la construction du siège du parlement sans que l’ouvrage ne soit achevé, et qu’il faut investir davantage pour le finir. Il serait également très intéressant de savoir si l’abandon durant toutes ces années du chantier ne pouvait pas provoquer un surcoût imprévu au départ. On voit bien que ces questions vont au-delà des préoccupations liées à la poursuite ou non des travaux. À moins de dire aux Béninois que l’achèvement de l’ouvrage pourrait se faire sans le moindre décaissement supplémentaire.

En effet, les considérations liées à l’aspect physique du chantier semblent éclipser le débat sur l’origine même du scandale. D’où la nécessité d’un flash-back sur les conditions de lancement des travaux. C’était en 2008 avec le fameux collectif budgétaire rejeté par la majorité parlementaire de l’époque. La majorité des députés d’alors avait refusé d’autoriser la construction du bâtiment par un vote négatif. Mais leur vote a été carrément effacé par une ordonnance prise par le chef de l’Etat en urgence. Dans la foulée d’autres projets d’investisseurs avaient été enrôlés tels que l’aéroport de Tourou à Parakou, l’organisation du sommet de la Cen-Sad ou le port sec de Parakou, tous devenus des scandales ou des éléphants blancs. Un défaut de légitimité parlementaire qui explique certainement d’ailleurs pourquoi aucun partenaire financier international n’est venu en appui au budget national sur ces projets. Si les experts s’étaient intéressés au régime financier, ils se seraient rendus compte de tous ces détails.

Le projet de construction du siège de l’Assemblée nationale est avant tout une initiative hautement politique et ne saurait avoir une solution exclusivement technique. Il suffit de consulter les débats parlementaires en marge de l’ordonnance de 2008 pour s’en convaincre. C’est une évidence que, physiquement, le bâtiment en cours de construction au bord de la lagune de Porto-Novo peut être sauvé. Mais à quel prix ? L’aspect technique ne saurait servir de cosmétique au volet politique. Car la manipulation faite à présent autour du rapport des ingénieurs tend à faire croire que personne n’est coupable dans ce dossier et que le Benin n’a rien perdu dans ce monstre en béton même s’il a déjà englouti 14 milliards et attend d’en engloutir d’autres.

Une seule question, messieurs les experts : il y a-t-il eu scandale sur le chantier du siège du parlement au pas ?

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1382-quand-des-ingenieurs-se-melent-du.html

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