Lafia et son Cos/Lépi ont-t-ils cessé d’être des pestiférés ???

lundi 10 novembre 2014 par Arimi Choubadé

Interdit de toute légitimité, il y a, encore, quelques jours, Sacca Lafia est devenu subitement fréquentable. Pour ne pas dire qu’il arbore désormais la tunique du centre de gravité de tout le processus électoral. Tout part donc du Cos/Lépi, du moins jusqu’au 17 décembre 2014, date butoir à laquelle la liste électorale exploitable est attendue. Ce n’est qu’en ce moment seulement que pourraient être évalués les autres délais légaux à savoir le délai de validation du fichier électoral qui est de 21 jours, ensuite le délai pour convoquer le corps électoral fixé à 60 jours. Tout cela nous amène à la mi-mars pour la tenue du premier scrutin à savoir les municipales. Sous réserve que les acteurs politiques conviennent de raccourcir ces délais légaux afin de rapprocher un peu plus le scrutin. Ce qui ouvrirait la voie à l’organisation, à bonne date, pour une première fois depuis 2006, des législatives en avril 2015 puis le premier tour de la présidentielle en février-mars 2016.

En clair, le Cos est presque passé de la disgrâce à l’apothéose. Finis les appels tous azimuts à sa dissolution ; les soupçons de mauvaise gestion portés contre lui par les ministres à chaque meeting de remerciement ; les velléités de certains de ses propres membres prompts à prendre le bureau en traître ainsi que les blocages de tout décaissement supplémentaire par l’argenterie nationale. Surtout avec le coup de théâtre de l’octroi des derniers 3 milliards de début novembre alors que le gouvernement estimait avoir déjà totalement soldé les décaissements depuis octobre. Avec la promesse ferme que d’autres transferts de fonds se feraient à partir du trésor public au fur et à mesure des besoins exprimés. Au même moment, les piques empoisonnées par médias interposés à l’encontre de Lafia et de son bureau ont pris un brusque coup d’arrêt. Le truculent Martin Assogba de l’Ong-Alcrer a d’ailleurs surpris tout le monde en exigeant que le gouvernement débloque illico tous les milliards réclamés par le Cos pour achever sa mission (300 milliards si possible).

Les avis divergent, cependant, au sujet des explications de ce revirement spectaculaire des différents acteurs vis-à-vis du processus de correction du fichier électoral. Naturellement, la proximité avec les événements de Ouaga sanctionnés par la chute de Blaise-Le-Grand revient dans tous les esprits. Ce rebondissement aurait annihilé tous les espoirs des révisionnistes béninois. La conséquence directe en est la mise en sourdine du belliqueux slogan de "après nous, c’est nous..." galvaudé tous les week-end sur les lieux de meetings de remerciement et de marche de soutien au chef de l’Etat. Il fallait mettre fin à toutes les attitudes susceptibles de provoquer une fronde populaire à l’instar des agitations de rue meurtrières dans les grandes villes du Burkina Faso. Ironie du sort, au lendemain de la première manifestation d’avertissement de Ouaga, Cotonou connaissait aussi sa première marche de protestation face à la non organisation des municipales en retard de plus de 18 mois.

Mais au-delà du syndrome burkinabé et de son éventuel impact sur la Marina, on ne peut passer sous silence la témérité de Sacca Lafia. Son discours n’a pas varié d’une virgule même au plus fort de l’adversité générale à son égard. Combien de fois n’a-t-il pas répété sur tous les plateaux de télé et de radio, à Cotonou comme en rase campagne, que son budget 2013 est de 14 milliards et celui de 2014, 4 milliards ? Il le rappelait tant et si bien que plus personne ne pouvait plus l’ignorer. Le président du Cos est resté stoïque, pédagogue, convaincant et imperturbable. Personnellement, j’ai dû renoncer à mes appréhensions exprimées lors de sa désignation à la tête du processus. Mes doutes se justifiaient par la compréhension de la Lépi que se faisait ce même Sacca Lafia lors du tristement célèbre meeting des cadres du nord qu’il a dirigé à Bassila en décembre 2010. A l’époque il considérait la réalisation de la Lépi comme un instrument pour le nord de rattraper son retard démographique sur le sud. Mais son combat de 2014 fait apparaître un autre homme, débarrassé de tout passé régionaliste et tribaliste.

A Sacca Lafia nouveau, Lépi nouvelle...

Par Arimi Choubadé
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