Il ne s’agit que d’enregistrement complémentaire...

vendredi 21 novembre 2014 par Arimi Choubadé

Il y avait déjà eu des données collectées avant les K.O électoraux de 2011. Ensuite, il y a eu le tollé général à l’origine du vote d’une loi de correction de la fameuse Liste électorale permanente informatisée (Lépi-Bako) bâclée. Puis l’installation du Cos/Lépi en charge du grand nettoyage. Il y a quelques mois, les citoyens ont été conviés à une première opération dénommée "audit participatif". Là également des données supplémentaires ont été recueillies. Enfin les citoyens se voient soumis à une ultime étape, celle de l’"enregistrement complémentaire" sensé déboucher directement sur l’ébauche d’une liste électorale pouvant servir directement dans un scrutin. Sauf cataclysme, les Béninois seraient à quelques jours de retrouver le droit d’aller choisir, à nouveau, leurs représentants élus, après une impasse de plus de 3 ans. Une éventualité qui devrait donner lieu à un enthousiasme citoyen particulier. Tout le contraire de la clameur alarmiste constatée dans beaucoup de contrées depuis le lancement de cette phase ultime de l’enregistrement complémentaire.

Personne ne peut contester les cafouillages du début : faux bond des camions militaires affectés au transport du matériel dès les premiers jours, défaillance des kits d’enregistrements biométriques, lenteurs et incompétences des opérateurs kits, affichages vandalisés, pannes sur les groupes électrogènes, etc... Les dysfonctionnements sont certainement énormes selon les différents reporteurs lancés dans un processus d’amplification des faits sur les médias. Mais ce que reporteurs, dénonciateurs, alarmistes de tous bords et autres plaignants oublient de dire c’est qu’il ne s’agit que d’une opération d’enregistrement complémentaire. Ce qui veut dire qu’il ne s’agit pas d’un nouvel enregistrement et d’une reprise du processus. La Lépi aborde plutôt une sorte de phase de finition d’avant-scrutin.

En d’autres termes, seuls sont véritablement concernés, les citoyens dont les données affichées sont erronées ou qui ne sont pas pris en compte du tout depuis le début du processus. La grande majorité devrait juste aller constater que tout va bien et prendre date pour la phase de délivrance des cartes d’électeurs prévue pour plus tard. Même si tous les citoyens âgés de 10 ans et plus sont appelés à se déplacer sur les lieux d’affichage pour procéder aux constats d’usage avant une éventuelle réclamation. Quels que peuvent être les ratés, les agents déployés sur le terrain ne manquent pas d’enregistrer les quelques citoyens laissés en rade lors des différentes étapes lancées depuis 2009-2010. La crédibilité ou la fiabilité de tout le processus ne saurait donc être conditionnée à la réussite ou non de la seule phase de l’enregistrement complémentaire. Il s’agit juste de rendre perfectible un fichier dont l’ossature principale à déjà été affinée après l’audit participatif sous réserve des coquilles et erreurs alors relevées.

Par ailleurs, ce que les reporteurs n’ont pas suffisamment relayé c’est ce sentiment de détestation vis-à-vis de cette ultime phase en cours distillé au sein de l’opinion. Les affiches arrachées sont bel et bien la résultante d’un dessein de sabotage qui ne serait possible sans la complicité ambiante de Mr tout le monde. La sécurisation des lieux d’affichage ne peut être l’apanage du Cos/Lépi qui ne dispose pas de la force publique. Surtout que c’est le chef de l’Etat lui-même qui a lancé solennellement les opérations et envoyé ses ministres accompagner le mouvement. Cela suppose une mobilisation des forces de sécurité publique à qui revient la prérogative de la sécurité des biens et des personnes partout sur l’entendu du territoire béninois. De plus, avec un minimum de soutien populaire, on pouvait dépanner rapidement un groupe électrogène en panne ou en rupture de carburant ; réajuster une affiche mal posée ; accompagner un agent un peu trop nonchalant et régler quelques menus détails du système. A moins que l’imminence des élections n’ait induit chez certains une phobie maladive ; ceux qui redoutent que les urnes ne soient moins douillets que les plateaux médias.

Bientôt les urnes...

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1400-il-ne-s-agit-que-d-enregistrement.html

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?