Soglo et ...la vie après la Marina...

lundi 24 novembre 2014 par Arimi Choubadé

Il avait déjà fait fort à travers son "L’après-Yayi, ça se prépare" ; une grande interview à la Nicéphore Soglo, et qui a fait le tour du monde à travers internet et les réseaux sociaux. Mais l’ancien chef de l’Etat béninois ne compte pas en rester là. C’est de vive voix qu’il est allé plaider son nouveau credo : "la vie après le pouvoir" à la Marina alors qu’il est l’hôte du locataire des lieux, Yayi BONI lui-même, en présence de ses amis de Yokohama, la plus grande ville portuaire du Japon. A l’occasion, le chef de l’Etat s’est donc vu vanter les mérites de la vie après le pouvoir. Dans un contexte de suspicion générale au sujet de l’éventualité d’un 3ème mandat et de la tentative ratée du voisin du nord-ouest, Blaise Compaoré chassé du pouvoir pour avoir voulu faire réviser la constitution du Faso et se maintenir au pouvoir. Alors que l’environnement socio-politique béninois est particulièrement agitée ces dernières années du fait du blocage du processus électoral, de l’intrusion massive de l’argent sale dans l’animation de la vie publique, de la corruption de la plupart des valeurs-refuges (traditionnelles et religieuses) et de l’impossibilité pour la classe politique de nouer un dialogue interne inclusif.

C’est de cette atmosphère pourrie que Nicéphore a puisé la clef de la tranquillité et de la paix sociale au Bénin : la vie après le pouvoir. Un concept dont il se réclame être l’incarnation vivante. Lui, ancien président de la République, parti de la Marina depuis 1996, aujourd’hui maire de la plus grande ville du Bénin, Cotonou, sollicité sur tous les fronts à l’international où il est question de conscience noire, de traître négrière, de droits de l’homme, de démocratie, d’agriculture, de lutte contre la pauvreté, bref, de développement dans le monde. A l’interne également, il fait partie d’un trinôme emblématique composé de Émile Derlin ZINSOU, Mathieu Kérékou et de lui-même Nicéphore Soglo, actuellement le plus actif de tous d’ailleurs. Des personnalités constitutives d’une tradition intangible qui veut qu’au Bénin tous les anciens chefs d’Etat meurent de mort naturelle, en paix chez eux. En dehors de la période révolutionnaire où la plupart étaient emprisonnés ou en exile, les anciens chefs d’Etat béninois jouissent d’une vie paisible et honorable après le pouvoir. Aucun n’a été passé par les armes en guise de conséquence de son séjour au pouvoir.

Il fallait que quelqu’un ose opposer à la courtisanerie entraînante du moment un rappel du socle de la tranquillité commune. Pendant que certains scandaient à tue-tête, chaque week-end, "après nous, c’est nous...", d’autres se devaient d’insister sur la vie après le pouvoir. En d’autres termes, l’après pouvoir est inévitable quelle que soit la durée passée aux commandes du pays. La majorité au pouvoir, dans sa composition actuelle ou dans sa mutation future ne peut échapper à l’après-pouvoir en 2016 ou plus tard. Ces prédictions ont le mérite de ramener tout le monde à la vanité de la vie. Soit dit en passant, l’Etat du Bénin n’a jamais connu la guerre et jusque-là, chaque président s’est attelé à rendre le pays dans l’état pacifique où il l’a trouvé. Le pays ne doit sa stabilité à aucun d’eux en particulier mais à l’ensemble des citoyens attachés à cette tranquillité même si cela ne se traduit pas encore en un véritable facteur de progrès.

Nicéphore Soglo semble avoir choisi de s’adresser directement aussi bien à l’actuel président de la République mais également au prochain attendu pour 2016 dans la perspective d’une alternance réussie. A celui qui est là d’achever son mandat dans la sérénité en pensant déjà à la vie après le pouvoir. Le prochain à venir de songer à l’après-Yayi et de ne jamais mentir à son peuple. Il s’agit là d’une inspiration typique à Nicéphore Soglo dans une quête du meilleur pour ses compatriotes. On aurait pu penser qu’à 80 ans, la vie politique n’aurait plus d’intérêt pour le président-maire de Cotonou. A Yayi de choisir entre l’"après nous, c’est nous" des écorchés vifs en position de rente vis-à-vis du pouvoir d’une part, et d’autre part la "vie après le pouvoir" de son ex-mentor.

"Après nous, c’est...la vie après le pouvoir...

Par Arimi Choubadé
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