Des élèves "braqueurs" dans Cotonou ???

lundi 29 décembre 2014 par Arimi Choubadé

La police béninoise est peut-être en train de réaliser la plus grande prouesse depuis sa création. A l’en croire, il existerait une filière de bandits de grands chemins, de braqueurs, de dangereux criminels dans les lycées et collèges de Cotonou. Elle en aurait donc abattu un, fils d’un colonel à la retraite, ancien chef d’état major de l’armée de l’air. Un autre gravement blessé, fils d’un inspecteur des impôts, lutte pour sa survie sur un lit d’hôpital suite aux blessures à lui infligées par les balles de la police. Tous deux des élèves décrits par la police comme des as d’armes à feu, capables de tirer sur des policiers bien qu’étant à moto et pris en chasse par un véhicule de la police. D’autres gamins auraient échappé à l’opération. Des révélations en contradiction flagrante avec toutes les thèses sur le profile du paraît criminel : jeune déscolarisé, toxicomane, abandonné, sans domicile fixe, qui se nourrit de crimes et de rapines. La police béninoise essaie de démontrer depuis la nuit du réveillon de Noël 2014 que les foyers d’un colonel ou d’un inspecteur des impôts peuvent être aussi des milieux hautement criminogènes.

Hélas, la saga policière s’est brutalement arrêtée à la tuerie de la "Cité Vie Nouvelle" du réveillon de la Noël 2014. La police s’est juste contentée d’abattre un adolescent (17-18 ans) en blessant un autre, puis rideau. Plus de 48 heures après ce sanglant épisode, les enquêteurs n’avaient plus envie de découvrir autre chose que ce cadavre et ce blessé. Pas de perquisition au domicile des deux "malfrats" neutralisés, pas d’enquête de proximité auprès des parents, des amis, des enseignants des mis en cause. Aucun élément visant à reconstituer le puzzle du basculement de ces adolescents. Ont-ils des complices ? Où se procurent-ils leurs armes et munitions ? Comment ont-ils appris à tirer ? Pour affronter des policiers en pleine fuite à moto dans la nuit noire, il faut avoir une dextérité certaine dans la manipulation de ces engins de crime. En effet, les deux petits ne peuvent être issus d’une génération spontanée de braqueurs qui, sans l’aide de personne, se sont formés à ce métier de gangster tout en poursuivant leurs études.

On s’étonne donc que la police n’ait pas eu envie d’en savoir davantage sur ses prises juvéniles jusqu’à ce que le procureur la dessaisisse au profit de la brigade de gendarmerie de Cotonou. À peine si cette même police, si prompte à organiser une conférence de presse sur le dossier, quelques heures seulement après l’opération, ne s’adonne pas tout bonnement à une obstruction systématique de l’enquête en refusant la formalité de reconnaissance du corps par le père présumé du décédé. S’il s’avérait que c’est réellement son fils il devenait un élément clef de l’enquête. Mais les policiers tueurs du fils n’en veulent pas, curieusement. Ils ont tué un braqueur et arrêté un autre grièvement blessé ; l’ont dit sur toutes les chaînes et tout le monde devrait s’en tenir à cela sans rien chercher à savoir d’autres.

Mais le père présumé du mort a décidé, lui, d’avoir des réponses aux nombreuses questions que se posent les Béninois sur cette affaire depuis cette nuit de la nativité du Christ. On ne pouvait pas demander à un citoyen qui a servi son pays toute sa vie, d’admettre la disparition tragique et subite de son fils, l’unique de son foyer, sans explication. Lui, colonel à la retraite, qui doit désormais égrener le restant de son séjour sur terre en étant désormais aux yeux de tous ses compatriotes, père d’un braqueur. Il est d’ailleurs possible que, si les choses devraient rester en l’état, une certaine opinion pourrait soupçonner les géniteurs des deux "braqueurs" de complicité voire d’être les principaux soutiens de cette pègre juvénile dont les ramifications demeurent un mystère. En plus d’être éploré, ces géniteurs pourraient subir également le déshonneur des accusations précises et sentencieuses de la police. Surtout que cette police ne semble plus être intéressée par une autre vérité en dehors de celle qu’elle s’est empressée de servir à la presse le jour même de la tuerie.

Si la police ne veut pas savoir le reste de la vérité, moi je le veux !!!

Par Arimi Choubadé
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