Le dernier bluff de Lafia-Ahouanvoebla ???

lundi 19 janvier 2015 par Arimi Choubadé

Il paraît que la Cour constitutionnelle a sifflé la fin de la recréation par sa décision du 09 janvier 2015. Recréation qu’elle a pourtant créé elle-même en maintenant l’ensemble des Béninois dans l’incapacité d’aller aux urnes sans le préalable d’une Lépi inconnue de ses propres membres ; ceci pour plus de deux ans. Elle, qui a validé le report sine die des municipales établissant ainsi une hiérarchisation de fait entre les municipales que les députés peuvent reporter sine die par un simple vote à la majorité relative et les législatives qui doivent "impérativement" se tenir dans les délais constitutionnels. Cette décision du 09 janvier permet donc aux sages de s’offrir un brin de sympathie au sein de l’opinion sous le prétexte qu’ils auraient enfin délivrer le processus électoral en fixant des dates pour les différents scrutins et surtout en distribuant des injonctions notamment au Cos de rendre la liste à la Céna dès le 15 janvier 2015 ; puis à la Céna elle-même invitée à organiser les scrutins avec la liste (caduque) de 2006 à défaut de la liste actualisée.

En attendant que les juristes ne finissent de livrer le fond de leurs cogitations autour de la décision des sages le 09 janvier 2015, on peut quand même s’offrir un décryptage moins docte du scénario en cours. En effet, tout le monde semble avoir oublié la première injonction de la Cour fixant au Cos l’échéance du 30 novembre 2014 pour déposer la liste ne serait-ce que provisoire. Ce qui n’a pas été fait sans aucune autre forme de conséquence. Les sages sont également restés étrangement muets à l’annonce par le Cos, unilatéralement (comme toujours d’ailleurs) d’une autre date butoir pour le 17 décembre 2014 sans davantage de réactions. Le couperet ne survient finalement que le 09 janvier 2015. Curieusement alors que, la veille déjà, Sacca Lafia avait déjà notifié au président du fameux comité de suivi installé en vue de l’aboutissement du processus électoral que cette fois-ci il est envisagé une remise de la liste provisoire à la Céna - information normalement relayée auprès de toutes les autres présidents d’institution membres dudit comité dont le président de la Cour constitutionnelle. Il ne restait donc qu’à enfoncer la porte ouverte. Ou à susciter une "certaine dynamique".

C’est à ce niveau justement que transparaît un jeu de rôles de la paire Lafia-Ahouanvoebla. Ce duo semble avoir incidemment ébruité son envie de déposer un document auprès de la Céna le 15 janvier 2015. Ceci par le truchement du président du comité de suivi du processus électoral. Une indiscrétion qui a eu le don de faire "siffler la recréation" par les sages dès le 09 janvier soit une semaine avant, à travers une décision musclée. Ensuite de faire réagir la Céna sur la validité du document en voie de lui être transféré. Puis enregistrer le mea-culpa officiel du président du Cos Sacca Lafia publiquement recadré par médias interposés par son vice-président ayant pris fait et cause pour le refus du président de la Céna de recevoir une liste non achevée. Enfin, d’obtenir en express la bagatelle du demi-milliard de CFA pour lancer les opérations d’affichage. Une cascade d’événements pour ce résultat-là.

On pourrait remonter le processus dans le sens contraire et se demander si les faits se seraient enchaînés autrement s’il n’y avait pas eu le courrier de conformation de remise de liste du Cos du 08 janvier 2015. En effet, il a fallu l’existence de cette décision pour voir le gouvernement répondre à un appel de fonds du Cos avec autant de célérité comme si chaque faux pas pourrait être très préjudiciable à l’institution qui l’aurait commis. Chaque acteur a donc l’obligation désormais de montrer patte blanche à commencer par le Cos, tant décrié, qui peut enfin espérer glaner quelques sympathies au sein de l’opinion en agitant quelque chose dès le 14 janvier. La Céna, de son côté, préserve son statut immaculé jusque-là en refusant toute liste imparfaite. Sans oublier le gouvernement qui délie la bourse illico. Je veux bien croire qu’il n’y a pas eu de préméditation de l’attelage atypique Lafia-Ahouanvoebla puisque tout cela semble bien écrit à l’avance. On ne demande qu’à y croire, en effet !

Tant mieux si c’est pour la bonne cause...

Par Arimi Choubadé
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