Un code du journalisme inconnu des journalistes...

mercredi 21 janvier 2015 par Arimi Choubadé

Enfin l’accouchement du fameux document sensé sauver la presse béninoise. Le code de l’information en vote au parlement présenté en trophée par les ONG qui régentent la corporation, du moins le secteur privé principalement. Avec la nuance que les prétendus bénéficiaires désignés à savoir les journalistes, dans leur écrasante majorité, ignorent tout de ce sésame en cours de confection. Rares sont ceux parmi eux capables de révéler la moindre mesure "révolutionnaire" contenue dans le document. Même ceux conviés aux nombreux séminaires, conclaves, missions, consultations, lobbying et autres communications autour du sujet parviennent à peine à baragouiner quelques aspects du machin en dehors du slogan désormais galvaudé de "suppression des peines privatives de liberté pour délit de presse".

Rien que pour ça, on devrait applaudir les ONG porteuses de cette fabuleuse prouesse pour avoir obtenu auprès de plusieurs partenaires et du gouvernement quelques millions de CFA distribués à travers l’industrie de vulgarisation et de plaidoyer du projet. Applaudir, également, à se rompre les phalanges, les députés, si attachés à la liberté de presse qu’ils ont bien voulu épargné désormais aux journalistes de se retrouver en prison par leurs productions. Applaudir enfin le gouvernement pour avoir renoncé à son préalable d’obtenir des garanties de la part des professionnels des médias avant d’accompagner le mouvement. La grande meute des professionnels des médias doivent applaudir tout ce beau monde même si le document ne pipe mot sur leur indigence caractérielle marquée par l’absence de salaires, de sécurité sociale, de retraite, de statut juridique, de plan de carrière, bref des attributs d’un travailleur digne de ce nom.

Oui ! les journalistes n’iraient plus en prison pour des délits de presse. Mais cette disposition était déjà tombée en désuétude depuis des années. Sur la cinquantaine de journalistes condamnés aucun n’est actuellement en prison. La peur de la clameur nationale et internationale a rendu l’application de ces peines presque impossible. Quelques velléités de temps en temps comme ce fut le cas pour notre confrère François Yovo, brièvement détenu à la prison de Cotonou en 2014. Ses geôliers ont dû le lâcher avant terme face à la désapprobation générale et aux retombées négatives sur l’image du pays. Ses autres camarades prisonniers potentiels n’attendent plus le vote d’un code providentiel pour se sentir définitivement hors d’atteinte. Par contre, il y a un gain certain à l’Etat béninois de ne plus paraître tel un prédateur de la liberté de presse. Un cosmétique sur le droit positif national. De quoi faire glaner quelques points supplémentaires dans le prochain classement RSF et espérer bénéficier de la prime à la démocratie. Naturellement, pour les députés, c’est plus aisé désormais de se pavaner sur les foras internationaux en revendiquant d’être l’élu d’un pays respectant les standards démocratiques.

Reste enfin la horde de jeunes diplômés pris au piège de l’indigence et de la clochardisation rampante pour avoir rêvé à une corporation, le journalisme. De la profession, ils ne retiennent que l’opulence apparente de quelques profiteurs du système. Chacun rêve de s’en sortir à coup de chantage, d’escroquerie et de jetons de soumission. Si certains ne sont pas carrément récupérés par les barbouzes et autres manipulateurs d’opinion. Plus rien n’intéresse cette meute en dehors des exploits dolosifs de la secte qui les a précédée et qui détient encore les manettes. Alors que les générations se suivent mais ne se ressemblent point. Règnent, sans partage, les anti repères surtout dans le secteur privé où la profession de journalisme n’existe presque pas aux yeux des textes de la République. Célébrons quand même l’avènement du code même si les salaires continuent d’être un luxe pour quelques privilégiés.

Alléluia, le code est là !!!

Par Arimi Choubadé
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