Nul n’est un vrai refondateur s’il n’a déjà violé la constitution !!!

vendredi 23 janvier 2015 par Arimi Choubadé

L’autre grand défenseur du yayisme, député de Parakou dirait qu’un vrai politicien doit avoir fait la prison. Juste pour illustrer le degré de la décadence et de perte des valeurs au sommet de l’Etat. Ce qui nous fonde à poser la question de savoir ce que serait devenue la refondation sans sa prestigieuse légion de violeurs de la loi et de la constitution. A commencer par son leader suprême, lui-même, convaincu de méconnaissance flagrante de la constitution par une décision de la Cour constitutionnelle. Bien qu’ayant prêté serment de "ne se laisser guider que par l’intérêt général...", le chef de l’Etat a trouvé le moyen de déclarer dans une interview qu’il allait faire "venir les siens du Bénin profond" pour "affronter" ceux qui le critiquent. A sa suite, plusieurs autres dignitaires du régime se sont distingués par leur propension à mépriser la loi fondamentale dans leurs actes quotidiens de propagande. Sur les traces de leur maître, plusieurs ministres, directeurs de société d’Etat et d’offices publics, officiers de police, membres de cabinets présidentiel ou ministériels et membres d’institution, tous suppôts de la refondation ont été épinglés par les sages de la Cour. Aucune conséquence de droit pour eux, si ce n’est des promotions et une protection officielle indécente.

Le Bénin, État de droit, berceau de la démocratie, où le voleur de mouton qui n’a enfreint qu’une loi ordinaire se voit jeter en prison. Au même moment, le commis de l’Etat, accusé d’avoir violé la loi des lois, la loi suprême, lors de l’organisation des concours d’entrée à la fonction publique par la Cour constitutionnelle se voit promu à diriger un cabinet ministériel. Un autre, ministre, violeur de constitution et déclaré comme tel par la même Cour se voit investi quelques mois plus tard, représentant du pays dans une chancellerie de la sous région. Enfreindre à la loi fondamentale est devenue un critère de sélection très prisé chez nos princes. Si le creuset politique de la refondation, Fcbe, avait un siège digne de ce nom personne ne serait scandalisé de voir inscrire en lettres d’or à son fronton : "nul n’entre ici s’il n’a été consacré violeur de la constitution par les sages de la République".

C’est à croire que le processus démocratique béninois est resté figé depuis la conférence nationale de février 1990 et ne s’est pas encore projeté dans le vécu réel de la gouvernance publique. Les textes d’accompagnement de la loi fondamentale se font toujours désirés pour le bonheur des prédateurs qui gravitent autour de la Marina. Il en est ainsi du sort réservé au fameux article 35 de la constitution dont raffole pourtant les sages : "les citoyens chargés d’une fonction publique ou élus à une fonction politique ont le devoir de l’accomplir avec conscience, compétence, probité, dévouement et loyauté dans l’intérêt et le respect du bien commun". Une disposition essentielle, a priori, mais qui n’a de sens et d’intérêt que pour la Cour constitution qui en use pour presque rien. Il n’existe aucun texte destiné à en tirer les conséquences à chaque fois qu’un commis de l’Etat s’y fait prendre. Malgré tous les fantasmes au sommet au sujet de la lutte contre la corruption et l’impunité.

On peut comprendre l’absence de mécanismes devant punir toute une institution en cas de faute collégiale en l’occurrence en ce qui concerne les actes du gouvernement, du parlement ou de toute autre institution. Par contre, les actes individuels ne méritent aucune excuse légale. Si le chef de l’Etat pris isolément ou un ministre, ou un député, ou un haut cadre de l’administration publique viole la constitution et ne subit en retour aucune espèce de sanction c’est l’Etat de droit qui est ainsi piétiné. La constitution même parle de "citoyens chargés d’une fonction publique ou élus à une fonction politique...". A cet titre, les citoyens sont en droit d’attendre de disposer vis-à-vis de ces gens-là d’un droit de poursuite en la matière. Qu’un directeur d’un organe de presse public refuse d’accorder des temps de passage aux opposants ; que le directeur de la société nationale d’énergie électrique s’illustre par une marche de remerciement au chef de l’Etat en plein délestage ; que le DG/Ocbn organise un meeting politique alors qu’aucun train ne circule...Des dérives comportementales bien que désapprouvées par la constitution et qui sont pourtant sans conséquences en République du Bénin parce qu’aucun texte d’application n’est venu inverser la courbe de l’impunité.

Violeurs de la constitution et heureux de l’être ???

Par Arimi Choubadé
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