La refondation était si pourrie que ça ???

mercredi 28 janvier 2015 par Arimi Choubadé

Enfin le concert de scandales en cascade de fin de règne ? Une lettre de dénonciation du député Basile Ahossi, membre du Cos/Lépi au sujet d’obscures transactions autour des marchés du processus de correction de la liste électorale ; des accusations à l’encontre d’un autre de ses collègues soupçonné d’être impliqué dans des manœuvres de transferts frauduleux de fonds vers l’étranger. Le tout assorti d’une dénonciation du silence solennel du président de la République sur le sujet bien qu’informé. Ensuite, la réplique de Rachidi Gbadamassi, non pas sous forme de contradiction à la première accusation portée contre son ami de la mouvance présidentielle, mais, pour brandir lui aussi un autre dossier de deux milliards impliquant justement des contradicteurs du régime. Suivant la terrible formule de "tu me tiens, je te tiens" par médias interposés. Pendant que le premier mis en cause, Karim Chabi Sika se défendait à Parakou d’être victime de mensonge. Au même moment, les acteurs portuaires n’arrêtent pas de dénoncer la rente de 1.500 Fcfa imposée sur chaque véhicule d’occasion en transit pour le compte d’un groupe de jeunes spécialisés dans l’organisation de marches de soutien et de prières pour le compte du régime. Ne parlons pas des nombreuses procédures judiciaires impliquant de nombreux maires soutenant l’action du gouvernement ; de l’Office de gestion du stade de l’amitié (Ogesa) en faillite ; de la nébuleuse autour du coton etc...

On croyait avoir atteint les abysses de la décadence au sommet de la refondation avec les affaires Icc, Pvi, machines agricoles, Dangnivo, Martin Assogba, Lépi bâclée (Bako 2011), turbines à gaz etc...Tout le monde pensait qu’il ne pouvait pas y avoir pire que la collecte frauduleuse de plus de 150 milliards de Fcfa auprès des ménages (selon des experts de la Banque mondiale) au nez et à la barbe d’un gouvernement occupé à faire la promotion des faux placeurs d’argent. Certains acteurs politiques avaient même cru (de bonne foi) qu’après les K.O électoraux de 2011 suivis de la proclamation de la refondation et de la main tendue, la courbe de la mal gouvernance allait enfin être inversée pour le bonheur des Béninois. C’était sans compter avec les goinfreries tous azimuts de fin de règne. Une sorte de jamboree national où chaque courtisan essaie de faire main basse sur la portion de richesse nationale dont la gestion lui a été confiée.

Face aux incertitudes du lendemain et à l’échec du projet d’un troisième mandat, il n’est pas exclu que les amis d’hier se déchirent davantage sur la place publique au fur et à mesure que s’égrènent les quelques mois qui nous séparent d’avril 2016. Les déçus des positionnements pour les municipales et législatives de 2015 ainsi que les mal lotis durant les deux mandats du changement puis de la refondation révisent déjà leurs morceaux choisis. Apparemment, le yayisme n’a pas encore dévoilé tous ses dessous. Il suffit de constater avec quelle frénésie certains gourous de la marina s’activent à s’insérer sur des listes de candidatures inspirées par le pouvoir notamment en vue des législatives. Il paraît que le député aurait plus de chance d’échapper aux inquisitions judiciaires que n’importe quel autre citoyen grâce à l’immunité parlementaire. Sans oublier la solidarité tacite entre acteurs de la classe politique à chaque fois que l’un d’eux semble rattraper par des démêlés judiciaires.

On se doutait bien que l’argent des pauvres contribuables était distrait chaque week-end dans les flots de billets de banque distribués à tour de bras sur les lieux de meetings, de prières et de marches de soutien au chef de l’Etat. On savait qu’aucun des leaders conviés à ce rituel de régime ne pouvait puiser autant de ressources uniquement de leurs salaires respectifs. Mais le commun des citoyens ne pouvaient se faire une idée exacte de toutes les acrobaties comptables utilisées pour convertir des fonds publics en jetons de présence pour marcheurs professionnels et autres applaudisseurs de meetings. Or c’est dans cette kleptomanie ingénieuse que se dégage le vrai visage de la refondation. En effet, l’usurpation électorale de 2011 avait besoin de cosmétique sur la base de corruption généralisée et de pillage systématique des ressources publiques pour passer le temps. Nous voici à la fin.

L’autre dirait qui y a "erreur sur la personne"...

Par Arimi Choubadé
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