C’est Yayi seul qui retient ou renvoie un ministre !!!

mercredi 4 février 2015 par Arimi Choubadé

Un ministre ne perd pas automatiquement son poste juste après un appel à démissionner de son parti. Il faut, en premier lieu, qu’il y mette sa volonté de suivre les directives de son groupe politique ou qu’il soit contraint au départ par celui qui détient l’exclusivité du pouvoir de nomination. L’épisode Sossouhounto a le mérite de gagner en clarté depuis la lettre de l’intéressé en date du 02 février 2015. Un condensé d’intelligence et de lucidité, cette lettre, diffusée sur tous les réseaux sociaux avant même d’atterrir sur le bureau du destinataire à savoir le président de la Renaissance du Bénin. En résumé, le jeune ministre renvoie le chef de l’Etat et le président de son parti, Léhady presque dos-à-dos. Il ne quitte pas le gouvernement de sa propre volonté, c’est désormais sûr. Mais, nuance subtile, il ne quitte pas, non plus, la RB de son plein gré puisqu’il le considère toujours comme "notre parti" tout au long de son courrier. Le décor est planté.

Ces détails contribuent, forcément, à alimenter les conjectures sur un probable jeu de rôles entre le ministre et son "parti". Ainsi Yayi serait la victime innocente d’une malice de la RB qui voudrait le maintien de son ministre au gouvernement tout en se réclamant de l’opposition. Comme si ce n’est plus lui, Yayi qui détient le pouvoir de nomination ou du renvoie d’un ministre. C’est d’ailleurs à cette responsabilité dévolue constitutionnellement au chef de l’Etat qu’en appelle le ministre dans sa lettre lorsqu’il mentionne : "...je suis au regret de ne pouvoir exécuter cette décision du 19 janvier 2015 à moins que le chef du gouvernement en décide autrement et me le demande expressément...". Si, en dépit de la participation de la RB à la marche de protestation des opposants le 11 décembre 2014 ; de la décision de son bureau politique de mettre fin à sa collaboration avec le pouvoir assortie d’un rappel de son ministre du gouvernement ; de la lettre de refus de démissionner ; si, en dépit de tout cela donc, le ministre concerné continue de siéger au gouvernement, c’est grâce à la bénédictin du chef de l’Etat. Rappelons au passage que servir son parti est aussi un devoir républicain tout comme servir le gouvernement.

Fidèle à sa réputation du plus grand commun diviseur du Bénin, le locataire de la Marina semble se délecter de toute situation alambiquée. Surtout à suivre la vicieuse campagne médiatique enclenchée par les refondateurs à propos de prétendus militants de la RB encore tapis dans l’administration publique qui n’auraient pas répondu à l’appel de leur parti. Avec une fixation sur le poste de Secrétaire exécutif permanent de la Céna alors que celui-ci est proposé à nomination par le bureau de l’institution. Tout cela tient compte du poids politique de la RB au sein de l’hémicycle durant le processus de désignation des membres de la Céna. Les députés houézèhouès devraient soutenir les représentants de la mouvance et recevoir en compensation le Sep/Céna. Si l’occupant actuel du poste devrait démissionner parce que la RB a rejoint l’opposition, les deux représentants de la mouvance à la Céna devraient déposer également leur tablier pour avoir bénéficié des voix de la RB. Peut-être faudrait-il déclarer la République du Bénin comme étant un État-Yayi afin d’exiger de tous les cadres estampillés opposants de démissionner de l’administration publique.

La RB est entrée à la mouvance par son admission au gouvernement. Les prétendus autres cadres nommés ne sont que des conséquences de ce pact politique. Il revient au remplaçant du ministre démissionné de faire de nouvelles nominations à travers la traditionnelle chasse aux sorcières dont les refondateurs sont passés maîtres depuis 2006. Tout l’intérêt de la cachoterie autour de Sossouhounto tient de cette volonté de la Marina à entretenir les foyers de dissonance au sein de la classe politique y compris dans son propre camp. Les empoignades entre mouvanciers à Bantè (sur fond de parricide politique), à Tchaourou, à Parakou, à Covè et partout ailleurs en sont des illustrations parfaites.

Partout où passe la refondation, c’est la casse...

Par Arimi Choubadé
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