Même le K.O électoral n’a fait que 55%...

mercredi 11 février 2015 par Arimi Choubadé

Ça déferle dans les rues de tout le pays. La télévision de son maître n’arrête plus de charrier les interminables processions de refondateurs, ministres, députés et maires en tête. De commune en commune. L’impertinence de Osias n’a rien changé à cette invasion de la télévision nationale par les marcheurs d’un seul camp, soutenant un seul homme, Yayi Boni. Même le slogan "après nous, c’est nous", disparu des lèvres depuis la fuite du grand Blaise de Ouaga, essaie de réapparaître, poussivement, grâce au ministre d’Etat, François Abiola. La campagne électorale permanente de l’appareil Yayi a pris un coup d’accélérateur avec l’irréversibilité apparente du processus aussi bien au niveau du Cos/Lépi que de la Céna. Presque tout le gouvernement à l’assaut de toutes les rues du pays. A voir la répartition des équipes ministérielles sur les lieux de marches de soutien, on se demande si d’autres dossiers parviennent à bénéficier de la moindre attention au cours des innombrables conseils des ministres. Sur le terrain, le seul mot d’ordre exécuté avec brio, dévouement, abnégation et panache demeurent les jamborees itinérantes en soutien au chef tous les week-end voire en semaine.

Revenons néanmoins aux enjeux. Tout le monde sait que le futur le plus sûr de Yayi, après 2016, est une vie pastorale au service de la foi chrétienne. A moins que le peuple n’en décide autrement comme l’avait soufflé imprudemment l’autre ministresse sur le plateau de Canal3 à propos d’un éventuel 3ème mandat. Un dessein qui ne saurait s’accomplir qu’au cas où la pseudo déferlante cauris atteigne au minimum 3/4 du parlement (63 députés) ou 4/5 au meilleur des cas (66 élus). Or, même en 2011, les K.O électoraux n’ont fait rêver la mouvance qu’à hauteur d’une cinquantaine de député. L’UN à elle seule était à près de 30 élus, largement au-dessus de la minorité de blocage qui n’était que de 17. C’est donc à l’aune de ces données mathématiques que devraient s’analyser les performances des marcheurs dans les urnes. "Après nous, c’est nous" sans le soutien d’au moins 66 députés dans la prochaine législature devient un vain slogan insensé.

En résumé, pour éviter la robe de pasteur à Yayi, il va falloir que les marches de soutien ramènent dans leurs gibecières au moins 63 députés (voire 66), c’est-à-dire beaucoup plus que les K.O électoraux de 2011, à peine 55% à la présidentielle au lieu des 75% (voire 80%) nécessaires pour mettre le parlement en orbite d’une révision constitutionnelle opportuniste réussie. L’exercice consiste donc à savoir si les refondateurs sont en mesure d’organiser plus de marche de soutien qu’en 2011, d’utiliser plus de moyens de l’Etat, de ventiler plus de promesses, de faire intervenir plus de militaires dans le processus de vote avec le transport express de matériels électoraux etc... Mais, cette fois-ci, ils doivent d’ores et déjà renoncer à tirer un quelconque bénéfice d’un fichier électoral à la Arifari Bako, plein de mystère, de cachoterie voire de manipulation. Autre handicap majeure, les faux placeurs d’argent nombreux à soutenir la refondation en 2011 ont cessé toute activité de collecte illégale d’épargnes auprès des ménages. Sans oublier l’exile du principal bras financier du K.O.

Pour Fcbe, l’enjeu est, non pas de battre l’opposition, mais plutôt, de battre son propre record, celui de 2011 avec sa cinquantaine de député. Ce qui fait de Fcbe la vraie adversaire de Fcbe. Or, une lecture optique de la galaxie yayiste montre très clairement qu’il est de moins en moins question de fiefs à conquérir. En effet, ce sont dans ses propres girons traditionnels que la terre semble se dérober sous ses pieds vue l’émancipation de plus en plus affirmée de l’Alliance Soleil. Un véritable séisme dans le septentrion dont très peu d’élus parlementaires avaient pu échapper à Yayi jusque-là. Sauf que dans certaines régions du nord, la déferlante verte est en train de se faire doubler par le phénomène Gbian. Le général à la retraite Robert Gbian fait plus qu’exister dans l’Alibori et le Borgou avec des prétentions claires sur le contrôle politique de la région.

Faire mieux que le K.O de 2011 ou disparaître...

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1425-meme-le-k-o-electoral-n-a-fait-que.html

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