La "Lépi" de Bako contre celle de Sacca Lafia...

mercredi 25 février 2015 par Arimi Choubadé

Ce fut un mystérieux boîtier échangé entre le président de la Commission permanente de supervision (Cps) de la Lépi et celui de la Céna, début 2011. Représentation d’un genre particulier avec pour principaux acteurs Arifari Bako pour le compte du Cps et Joseph Gnonlonfoun de la Céna, devant les caméras. Il s’agirait de la liste électorale à utiliser pour la présidentielle et les législatives de 2011, l’instrument principal des deux K.O électoraux dont le Benin peine encore à se relever plus de 4 ans après. Il fallait lire les proclamations des résultats par la Cour constitutionnelle pour se faire une idée précise de l’ubuesque. Pour la première fois de l’histoire la notion du nombre d’électeurs inscrits a disparu, malicieusement remplacée par celle de nombre de "votants relevés dans les bureaux de vote". 4 ans après ces fameux scrutins personne ne connaît jusque-là le taux de participation. Il n’y avait pas de nombre d’inscrits non plus ; la liste elle-même reste introuvable à nos jours. En guise de réponse à tout ce bazar, les sages de la Cour constitutionnelle n’ont rien trouvé de mieux que de proclamer dans une décision que la Lépi 2011 a existé parce que le président de la Céna le leur a affirmé sur témoignage. Ainsi se caractérisait la Lépi selon Arifari Bako, nommé ministre des affaires étrangères dès le lendemain des K.O. Ceci explique cela ?

Il a fallu 2015 pour que les Béninois découvrent enfin un autre processus de la Lépi à travers une liste dite provisoire affichée, publiée dans tous les centres de vote y compris internet. Cette liste provisoire est ensuite amendée par les citoyens puis affichée à nouveau par les mêmes canaux que précédemment après une remise officielle à la Céna. Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un numéro de prestidigitation entre deux présidents d’institution (Cos et Céna) mais d’une remise matérielle de quelque chose auquel tous les citoyens peuvent avoir accès, la Liste électorale permanente informatisée, Lépi. Tout ceci à la suite d’un processus laborieux, sporadiquement entravé par les décaissements poussifs du trésor public lui-même manipulé à dessein par les refondateurs. La fin des scrutins sans taux de participation et sans nombre d’inscrits sur la liste électorale semble proche.

Autre point de comparaison, Bako et compagnie avait bénéficié de la bagatelle de 45 milliards de CFA pour parvenir à ce fichier électoral jamais affiché nulle part sur le territoire national bien que cette formalité ait été prévue par la loi. Sacca Lafia et son Conseil d’orientation et de supervision (Cos), par contre, n’ont pu disposer que de 14 milliards, en attendant de rajouter les frais d’impression des cartes d’électeurs. En 2011, Bako n’avait montré sa Lépi qu’à Gnonlonfoun seul. En 2015, tout le monde peut consulter la Lépi, à partir de n’importe quel point du globe terrestre, à l’aide d’un accès internet. Bako avait atteint la fin de son épopée sans les députés issus de l’opposition, tous démissionnaires face aux manipulations en leur propre sein. Sans oublier que lui-même a succédé à Epiphane QUENUM à la tête du Cps. L’équipe de Sacca Lafia n’a, par contre, connu aucune défection, du début jusqu’à la fin.

De l’avis de la quasi totalité des acteurs politiques, la Lépi de 2011 serait une véritable calamité qui aurait pu causer les pires ennuis à la paix sociale. Le chef de l’Etat, grand bénéficiaire des K.O de 2011, fut le premier a demandé pardon à ses compatriotes, le jour même du scrutin, du fait des cafouillages ayant prévalu lors de la réalisation du chef d’œuvre de Bako. L’unanimité de la classe politique n’a pas perdu du temps pour jeter aux orties ce maudit fichier électoral alors que sa durée de vie devrait être de 10 ans. Seuls les membres de la Cour constitutionnelle qui s’en sont servis pour proclamer leurs K.O avaient tenté un dernier baroud d’honneur de sauvetage à travers une autre décision en janvier 2015. Ils y insinuaient que le monstre de 2011 pourrait être exhumé en cas de retard de publication de la nouvelle Lépi. Eh oui, ils avaient osé ressusciter le monstre. Mais la manœuvre n’a pu prospérer.

La Lépi Bako est bel et bien morte...

Par Arimi Choubadé
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