Le conseil des ministres au secours des listes Fcbe...

mercredi 11 mars 2015 par Arimi Choubadé

Il fallait un garrot efficace conte l’hémorragie qui secoue Fcbe à l’occasion des positionnements sur les listes de candidature aux élections législatives. Les limiers de la refondation ont alors trouvé un filon à cet effet, les conseils des ministres. Les conclaves se multiplient pour se pencher sur le sujet. L’objectif est de traquer le moindre espace où on peut caser un potentiel candidat non positionné en rogne. A défaut de retrouver leurs noms sur les listes de candidature, les mécontents ont désormais un exutoire naturel à savoir les nominations. Le prince est visiblement disposé à proposer à tout grogneur un décret de promotion à un poste administratif, une sorte d’éteignoir dans les circonscriptions électorales en ébullition depuis quelques jours. Procédé adopté avant même le dépôt de dossiers afin de limiter les fuites vers des listes concurrentes. Sur la centaine de nomination, seul Orou Boum a flairé le piége et a décliné l’offre de nomination comme conseiller à la présidence de la République. Son acceptation mettait fin à son militantisme multi décanal à l’Uds et par conséquence à son engagement vis-à-vis de l’Alliance Soleil. Beaucoup d’autres n’ont pu résister et ont tranquillement troqué le décret de nomination contre leur éventuelle présence sur une liste concurrente à Fcbe.

Malgré ces petits biscuits distribués depuis le palais de la Marina à des coléreux, le maison Fcbe n’a pu échapper au séisme. Par vagues successives, élus, militants, responsables à divers niveaux ont pris leur distance avec Yayi à la publication des positionnements. Démissions, déclarations, revirements, dénonciations continuent de rythmer l’actualité préélectorale. A peine si l’enceinte de la Céna n’a pas servi de cadre à des pugilats entre partisans de la liste présidentielle. La peur de désavouer publiquement le grand chef a fondu comme du beurre au soleil face au déferlement de mécontents parfois dans la rue. Ministres, députés, maires ou même responsables administratifs que l’on croyait complètement soumis aux frasques de la Marina ont enfin retrouvé un semblant d’autonomie de pensée et de réaction.

Comme on pouvait s’y attendre, le conseil des ministres est de nouveau appelé à la rescousse pour contrer la révolte. Mais le répit de la clôture du dépôt de candidature n’est que de très courte durée. En effet, après la fièvre autour des législatives, voilà la maison Fcbe en attente d’un autre ouragan, celui des positionnements pour les municipales. Encore une fois, c’est Abomey-Calavi qui annonce les couleurs avec les velléités de sécession du maire Hounsou Guèdè en partance vers l’Alliance And. Sans oublier que les postes au sein de l’administration publique ne sont pas extensibles à souhait. Tous les organigrammes des ministères ont dû être éventrés pour permettre à des ministres de faire nommer désormais des chargés de mission en plus des innombrables conseillers techniques. Or, le cataclysme attendu à l’issue des positionnements aux municipales risque de se révéler beaucoup plus redoutable que ce qui a été observé après l’étape des législatives. Le hasard du calendrier a voulu que les deux épisodes soient soldés avant le premier vote.

Encore une rude épreuve pour les Béninois et leurs impôts en cette fin de mandat de la refondation. Les gars de la Marina semblent décidés à tout balancer par dessus bord pour espérer rester en course après les législatives. C’est évident que pour eux c’est la révision ou rien. "Sans révision pas de possibilité de 3ème mandat". Une ritournelle qui hante tous les courtisans et autres propagandistes du régime. Pour ce faire, ce n’est pas assez d’envoyer dans la bataille une vingtaine de ministres. De quoi mettre tout le gouvernement en congé durant plus de deux mois pendant que la République a besoin de régler des difficultés urgentes telles que le délestage sauvage, les coupures intempestives d’eau courante, les menaces de grèves dans les écoles et hôpitaux publics. Il faut recourir à tous les nouveaux nommés. Nul doute que les caisses de l’Etat seront sollicités pour supporter des frais de missions fictives pour tous ceux-là. Sauf que les conseils des ministres ont leurs limites puisqu’ils ne peuvent servir à nommer tous les 4 millions d’électeurs.

Les décrets de nomination comme bulletins de vote ???

Par Arimi Choubadé
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