La faute à Adjavon si 45 milliards brûlent à Maria Gléta...

mercredi 18 mars 2015 par Arimi Choubadé

45 milliards étaient soigneusement logés au trésor public lorsque, courant 2007-2008, un certain Sébastien Adjavon s’est subitement rendu au palais de la Marina pour annoncer au chef de l’Etat que des partenaires à lui et lui-même pourraient produire de l’électricité à coût réduit à la portée de la grande majorité des Béninois. Démarche mue par une volonté d’épargner à ses compatriotes les délestages tous azimuts et son cortège de désolation et d’aggravation de la misère collective. Il était loin de se douter qu’il contribuait ainsi à l’avènement d’un cauchemar sans fin pour le contribuable. Le projet détaillé se résumerait à l’installation de turbines à gaz avec une technologie appropriée visant à produire l’électricité bon marché en pleine crise énergétique ponctuée de délestage "inhumain". La petite industrie était en agonie ; les petits artisans ne pouvaient plus honorer leurs clients ; les activités scolaires et pédagogiques étaient sérieusement perturbées ; la vie économique du pays était au ralenti. D’où la pertinence de l’offre du premier des contributeurs béninois dans le but de faire intervenir des opérateurs privés dans un secteur étouffé par un monopole désuet et dépassé.

Une fois Adjavon parti de la Marina, le processus de dilapidation de près de 45 milliards Fcfa publics devrait se mettre en exécution. C’est sur la télévision nationale, en effet, que l’homme d’affaires aura la réponse à son offre. D’abord, dans une déclaration, le chef de l’Etat, en marge des festivités de la fête nationale, affirme tout de go que son gouvernement envisageait l’installation d’une "turbine à gaz" dans un délai de 3 mois. Pas un mot sur le passage de Adjavon au cabinet présidentiel quelques semaines plus tôt. Un conseil des ministres a fini par officialiser cette annonce surprenante. Le projet de Adjavon, venait ainsi d’être grossièrement dupliqué avec le même concept, la même technologie américaine et la même appellation "turbine à gaz". Près de 8 ans plus tard (alors que le chef de l’Etat avait promis le faire en 3 mois) et après avoir dépensé 45 milliards CFA de l’Etat béninois (0 Fcfa pour l’Etat si c’était fait par l’opérateur privé), toujours pas d’électricité en provenance de Maria Gléta, site retenu par le gouvernement pour abriter le projet.

Seul un régime comme celui de la refondation est en mesure de transformer une offre d’investissements privés de la part d’un fils du pays en une tragédie financière et sociale de si grande envergure. Le pouvoir ne s’est pas contenté du détournement et du maquillage d’un projet privé en un programme de gouvernement. Il s’était ensuite lancé dans une implacable croisade à l’encontre de toutes les sociétés de l’initiateur initial, Sébastien Adjavon, l’impertinent qui avait osé proposer de suppléer à l’incapacité du gouvernement face à la crise de l’énergie électrique. Un combat épique dont les citoyens ont été des témoins impuissants et dépités. Certainement que le patron des patrons au Bénin n’aurait jamais entrepris cette démarche s’il avait imaginé que cela allait déboucher sur une hérésie aussi nuisible pour les caisses de l’Etat.

L’impasse "turbine à gaz" n’est pas le seul caprice prédateur des princes de la Marina. C’est ainsi qu’une offre de coopération de la Chine en vue de la construction du siège du parlement à Porto-Novo a été refusée au profit d’un éléphant blanc de 14 milliards Fcfa. Un syndicaliste du ministère des travaux publics n’a de cesse de dénoncer que le Bénin avait renoncé à un don partiel pour la construction de la route Akassato-Bohicon au profit d’un marché exorbitant et déséquilibré avec un groupe chinois. On peut rajouter l’évincement de Samuel Dossou du projet ferroviaire dont il est pourtant le promoteur parce qu’il fallait contenter un opérateur expatrié qui serait soutenu par la françafrique. Tout ça pour faire saigner davantage les caisses de l’Etat à travers de scabreux montages financiers selon un principe mathématique désormais officiel : 25 milliards + 25 milliards = 45 milliards (5 milliards en pots de vin).

Surtout ne leur faites plus aucune proposition de projet avant avril 2016 !!!

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1439-la-faute-a-adjavon-si-45-milliards.html

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