Le vote des institutions a-t-il déjà commencé ???

vendredi 20 mars 2015 par Arimi Choubadé

2 pour Fcbe ; 0 pour ses opposants ou déclarés comme tel. Deux décisions du juge du contentieux électoral ; des victoires Fcbe. Le PRD est le premier à faire les frais de l’infaillibilité légendaire du camp Yayi devant la Cour constitutionnelle depuis 2007. Les Tchoco-Tchoco ont donc perdu leur bras de fer avec leur vis-à-vis sur le positionnement de Claude Azonwakin dans la 6ème circonscription électorale. Même si les deux parties ont exhibé des procurations à elles délivrées par le même individu. Un acte d’instabilité politique manifeste que les sages de la Cour constitutionnelle jugent normal en attribuant à Fcbe le bénéficie de la ruse du mis en cause. En définitif et selon les sages, un citoyen capable de donner quitus à deux formations politiques antagonistes pour figurer sur leurs listes de candidatures respectives pour la même élection législative est digne de postuler à un poste de député à l’Assemblée nationale. Le PRD devrait donc subir cette prime à la transhumance solennellement consacrée par le juge électoral.

L’autre désenchantement frappe de plein fouet l’ancienne ministre Christine Ouinsavi sortie carrément de la compétition. Une décision qui est pratiquement le contre pied de la précédente. Pendant que Claude Azonwakin obtenait le droit de se dédire par ses deux procurations antagonistes, Christine Ouinsavi par contre s’est vu refuser ce privilège. Elle aussi comme l’autre avait donné son accord à une première liste, cette fois-ci Fcbe. Ayant constaté des manipulations sur son positionnement, elle a demandé à changer de liste après avoir adressé un courrier à la Céna à cet effet. Une démarche en tout point de vue semblable à celle de Azonwakin avec la seule différence que Fcbe qui était le point de chute dans le premier cas, se retrouve être le point de départ dans le deuxième cas. Mais dans les deux cas, c’est Fcbe qui obtient gain de cause par l’injonction faite au Prd de renoncer au candidat Azonwakin puis par l’éviction de Christine Ouinsavi mécontente des tripatouillages faits autour de son positionnement par les responsables Fcbe.

A l’annonce des ambitions des refondateurs de recueillir 50 députés à l’issue des législatives prochaines, plusieurs Béninois se posaient des questions sur les fondements d’une telle rêverie. C’était sans compter avec le "vote des institutions" qui dans le passé avait été très favorable à Fcbe. Un concept qui permet au parti présidentiel de gagner non pas directement dans les urnes mais de bénéficier de la bienveillance des instances impliquées dans le processus électoral. En 2011, ce fut d’abord la Lépi Bako décriée de tous ; ensuite la Céna Gnonlonfoun impliquée dans une comédie de réception du fichier électoral, l’implication des hélicoptères présidentiels dans la manipulation des stocks de bulletins de vote ; puis le rejet de tous les recours contre les K.O électoraux devant la Cour constitutionnelle. Or, malgré tous ces atouts, la refondation n’avait pu réunir que 41 députés très loin du quotas nécessaire pour espérer pouvoir réviser la constitution ( de 63 à 67 députés).

La cuvée 2015 pose néanmoins quelques soucis à la Marina. En effet, la Lépi Lafia est moins polémiste que la Lépi Bako. Par ailleurs, et de part son ossature, la Céna Tiando est loin d’offrir la même inféodation que la Céna Gnonlonfoun. Reste la Cour constitutionnelle visiblement réputée très sensible aux arguments Fcbe, surtout lorsqu’on se réfère à ses premières décisions à propos du contentieux. En 2011, les dizaines d’exploits d’huissier n’ont pu inverser la perception des sages. Les K.O avaient été consommés. Avis à un certain Me Joseph Djogbénou, candidat dans la 15ème, qui semble fonder beaucoup d’espoir sur l’implication des huissiers de justice dans les constats de tous les abus de la famille Fcbe sur le terrain. Nul doute que si ministre, DG de sociétés d’Etat, Drfm et autres cadres sont lancés dans la course par la Marina, c’est pour pouvoir continuer à compter sur l’utilisation massive des moyens publics, et espérer continuer à remporter tous ces combats devant les sages comme c’est le cas depuis 2007.

Qui a dit que les institutions aussi ne votent pas ???

Par Arimi Choubadé
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