Maria Gléta victime de sa trop grande perfection...

lundi 23 mars 2015 par Arimi Choubadé

Mea-culpa pour commencer ! A propos de mes précédents écrits sur les turbines à gaz de Maria Gléta, celles construites par une entreprise américaine. Un projet toujours perçu par la grande majorité des Béninois comme un éléphant blanc. Je confesse avoir été manipulé à cet effet, non pas par des opposants revanchards, mais plutôt par le régime des refondateurs. C’est peut-être bizarre mais la mauvaise réputation du projet a été établie par ceux qui en ont la charge notamment les officiels politiques. Le dernier en date est le pathétisme présidentiel battant le rappel de l’ambassadeur du Benin aux États-unis ainsi que le PDG de l’entreprise américaine. Le chef de l’Etat devant les caméras de télévision demandait aux deux personnalités de descendre sur le territoire national en urgence. A peine s’ils ne sont pas réquisitionnés publiquement jusqu’à normalisation de la situation. Cette démonstration d’humeur présidentielle n’a eu pour conséquence majeure que de confirmer à l’opinion nationale et internationale que le projet demeure en grosse difficulté plusieurs années après sa mise en execution.

Le ministre Barthélémy Kassa d’en rajouter une couche en mettant en cause les cadres ayant négocié le contrat originel. Tout cela sur fond de délestage inhumain. Une hérésie en cours depuis plusieurs années, que chaque ministre de l’Energie vient conforter par des déclarations à la limite du délire politicien. Pendant que le chef de l’Etat n’y voit que de la ferraille. A moins que la Marina ne soit en train de jouer là un de ses numéros d’équilibriste perpétuellement en campagne électorale. Alors qu’en réalité ces turbines (à gaz) sont d’une merveille technologique exceptionnelle contrairement à ce que le pouvoir essaie de faire croire à la majorité des Béninois à chacune de ses tonitruantes sorties sur le dossier. Il s’agit d’un lot de 8 turbines à gaz avec une capacité de production de 10 mégawatts chacune. L’ensemble fait 80 Mw et a été mis en service depuis décembre 2013. De quoi conjuguer le délestage au passé dans des milliers de foyers et d’unités industrielles du pays. Mais il n’en est rien ; et pour cause.

Le gros problème, c’est que les turbines de Maria Gléta semblent trop bien faites. Si bien faites qu’elles fonctionnement sans un personnel pléthorique, sans un gros budget de fonctionnement. La consommation du combustible est soumise à une minutie si rigoureuse que les gestionnaires ne peuvent trouver la moindre quantité à détourner. Voilà un projet de plusieurs dizaines de milliards (entre 37 et 45 milliards Fcfa) sur lequel un ministre ne peut nommer un directeur général, un conseil d’administration, des conseillers techniques, des chargés de mission avec des salaires, des avantages, des missions sur fond de mirobolantes indemnités. A peine si le site a besoin d’une dizaine de techniciens, tous dépendant de la Sbee pour tourner sans écueil sur de nombreuses années. Pour un cabinet ministériel, il n’y a presque rien "à bouffer" dedans puisque qu’il n’y a pas de possibilité d’y recaser un militant, d’y promouvoir des organisateurs de marches ou d’y espérer des ristournes pour les courtisans comme c’est le cas sur la filière de véhicules d’occasion par exemple.

Plus inquiétant pour la bouffe nationale, Maria Gléta à 100% de sa capacité soit 80 MW, devient une menace considérable pour les marchés publics de location des groupes Agreeko et Mri. Une filière très prisée par les refondateurs surtout que certains promoteurs de ces groupes s’illustrent régulièrement sur le terrain de la propagande pro-Yayi. Location de groupes signifie du cash sorti des caisses de l’Etat, des passations de marchés gré à gré, des surfacturations, du clientélisme, des pots de vin, bref de quoi financer la croisade pour la révision de la constitution et un éventuel 3ème mandat. Ce qui n’est pas le cas des turbines finalement contraintes à une production de 15 MW sur 80. C’est donc de bonne guerre qu’elles sont privées (à dessein) de gaz au profit d’un combustible beaucoup plus cher, le Jet A 1. De quoi rendre leur coût de production exorbitant. En réaction au défi imposé par la merveille technologique de Maria Gléta, les refondateurs ont inventé un concept ubuseque : les turbines à gaz sans gaz.

Maria Gléta, affairisme d’Etat et non éléphant blanc !!!

Par Arimi Choubadé
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