Régisseurs de tout le pays, surveillez vos signatures !!!

mercredi 25 mars 2015 par Arimi Choubadé

Plus aucun doute que les refondateurs se présentent pour la première fois à une élection sans leurs traditionnels sponsors. L’espèce sonnante et trébuchante a toujours été, pour eux, depuis 2006, l’argument électoral le plus prisé. Têtes couronnées, sages, jeunes, femmes, courtisans transhumants de tout acabit connaissent par cœur le business des marches de soutien, des meetings et des prières. Il paraît que les rues pourraient être envahies très bientôt pour susciter une troisième candidature du docteur-président dès que ce dernier aurait obtenu la majorité qualifiée indispensable pour faire réviser la constitution : 3/4 soit 63 députés pour le référendum ou 4/5 soit 67 pour réviser directement par le parlement. Mais il faut de l’argent, beaucoup d’argent pour y arriver après avoir arrosé les électeurs et surtout les institutions. Le chef l’Etat connaît si bien le circuit pour avoir affirmé sur un plateau de télévision, en 2012, que toutes les institutions sont "mouillées". Tout est dit.

Il faut aller chercher cet argent quelque part au risque de dire adieu à toute perspective de révision de la constitution voire de confiscation du pouvoir pour 100 ans encore tel que décrété au dernier congrès Fcbe. Faute de sponsors XXL à l’instar des Patrice Talon, Samuel Dossou, Rodriguez, da Silva ou de reliquats des faux placements d’argent, il ne reste que l’argent du trésor à investir dans cette croisade. D’où les positionnements sur les listes électorales de la refondation des régisseurs, des ministres, des Directeurs généraux de sociétés d’Etat, bref, de tous les gestionnaires de deniers publics appelés à la rescousse. Déjà la veille du dépôt des dossiers des candidatures, les conseils des ministres ont fait parler la machine de nominations tous azimuts dans le but de caser tous les mécontents potentiels. Sur le terrain, en effet, les applaudisseurs de meeting n’attendent que du cash que seuls les gestionnaires de régies publiques sont capables de mobiliser. Nos pauvres impôts !

C’est une évidence que l’argent d’un mécène politique n’obéit pas aux mêmes règles que les deniers publics. Les gestionnaires de ces régies, pour la plupart des comptables publics, connaissent parfaitement ce qu’on appelle traçabilité dans les écritures. Le mécène, lui, est seul à savoir d’où provient l’argent qu’il dédie à une campagne électorale et ce qu’il espère en retour. Par contre, le gestionnaire de régie doit rendre compte de sa gestion. Il n’ignore pas qu’un franc sorti des caisses de l’Etat pour une campagne électorale est qualifié de détournement de deniers publics puni par la loi pénale. Toute autre tentative de camouflage peut prendre la forme d’infractions plus graves à savoir surfacturations, délits d’initiés, faux et usage de faux en écritures comptables, fraudes fiscales etc... Tant que le pouvoir ou le régime bénéficiaire est en place, les auteurs de ces actes peuvent espérer bénéficier de l’impunité. Mais le problème est que le régime en place est finissant : "Yayi est fini..." entend-on de plus en plus lors des meetings d’anciens amis du prince.

Par ces temps d’imprescriptibilité des crimes économiques, c’est presqu’un suicide pour un comptable public d’accepter figurer sur une liste de candidature pendant que les bailleurs de fonds de cette liste ont pris le large. Cela signifie automatiquement que la conduite de la campagne dépend de la capacité du candidat à trouver par lui-même des ressources pour assurer son élection. Où est-ce qu’un fonctionnaire peut trouver de l’argent à distribuer aux électeurs comme le font les refondateurs sans puiser dans les tréfonds d’un trésor public déjà anémié ? Les Béninois assistent d’ores et déjà, et ce, depuis plusieurs mois au déferlement des voitures de l’Etat sur le terrain à l’occasion de la propagande du régime. Les hélicoptères présidentiels n’arrêtent d’ailleurs plus de tourner aux quatre coins du pays au frais de la princesse. Or, les comptables publics sont appelés à justifier plus tard toutes les dépenses de ressources publiques pour la cause de la refondation. Dès la fin du régime prévu pour le 06 avril 2016, chacun d’entre ces comptables devrait pouvoir assumer sa signature sur des états de décaissement, ceci tant que les mises en cause vivraient. Imprescriptibilité oblige !

Avis aux gestionnaires-candidats...

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1442-regisseurs-de-tout-le-pays.html

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