Entre tuer le foot et en finir "politiquement" avec Ahouanvoébla...

lundi 30 mars 2015 par Arimi Choubadé

En attendant confirmation, il paraît que le gouvernement a retiré, nuitamment presque, son agrément à la fédération béninoise de football, le 27 mars 2015. Le mutisme du chef de l’Etat face à la guérilla verbale que son ministre des sports, Idrissou Affo a unilatéralement déclenchée contre le président du bureau exécutif de la FBF avait déjà valeur d’un retrait tacite d’agrément. Cela ressemblait déjà, non pas à une dissolution de la fédération (pouvoir qu’aucun chef de l’Etat au monde n’a encore), mais à la fin de la collaboration avec l’Etat beninois. Ainsi, la FBF ne peut plus recevoir de subventions publiques déjà négligeables et irrégulières. Autre conséquence, c’est l’impossibilité pour Ahouanvoébla et son équipe d’engager une équipe nationale béninoise de football, toutes catégories confondues, dans une compétition internationale. Pour le reste, le ballon rond peut continuer de tourner sur les différents stades du pays mais sans l’aide du gouvernement.

Revenons alors sur les motivations de la crise, version Affo Idrissou. Le ministre des sports constate, brusquement, presque tout seul, au détour d’une allocution devant des jeunes à Parakou, en pleine période électorale, que plus rien ne va dans le football béninois. Il multiplie alors les insultes publiques à l’endroit de certains membres de la FBF, les diatribes, les menaces, les sensibilisations tous azimuts de partenaires de circonstance dont des supporteurs des équipes nationales. Le motif trouvé est la suspension pour 2 ans des équipes nationales de catégorie d’âge, à l’exception de l’équipe senior. Il faut y ajouter un autre prétexte : la réunification de la famille du football et les querelles au sein du bureau exécutif. Un pervers comme moi pourrait intégrer à cette liste, le fait qu’un certain Augustin Ahouanvoébla figure sur la liste du Prd, parti de l’opposition aux législatives de mars 2015. Dans une circonscription électorale, la 20ème où l’alliance du chef de l’Etat a perdu ses principaux lieutenants dont le député Hélène Aholou Kèkè et l’ancien député Michel Missikpodé. Une persécution à dose homéopathique sur le bureau exécutif de la FBF pourrait l’occuper à autre chose que la campagne électorale.

Tous les observateurs de la méthode Affo Idrissou devraient s’apercevoir de l’absence totale de réaction officielle de son ministère lors de la décision de suspension infligée à la FBF par la caf. Ce fut en septembre 2014. A l’époque, un certain Ahouanvoébla jouait à fond le jeu de la collaboration avec le gouvernement pour la réalisation du fichier électoral. Au sein du bureau du Cos/Lépi à l’époque, le président Sacca Lafia était devenu très gênant pour le pouvoir qui l’avait pourtant placé à ce poste parce que soupçonné d’accointance avec le général Gbian, une des graves menaces au projet d’un troisième mandat de Yayi. Ne parlons pas de Nicaise Fagnon, entré en dissidence de vieille date. Il ne restait donc, dans ce bureau, que Ahouanvoébla pour continuer à caresser les refondateurs dans le sens du poil en les dédouanant complètement lors des péripéties autour de la réalisation du fichier électoral. La Marina trouvait cet opposant assez fréquentable surtout qu’elle avait besoin de sa formation politique, le Prd pour faire élire son gars à la tête de la Céna. L’enjeu est donc loin d’être le football.

Mais à la fin du processus de la Lépi, il n’y a presque rien de gagné pour la Marina dans sa collaboration supposée ou réelle avec cet opposant. Une sorte de désillusion sur fond de vengeance. Le foot s’est offert alors comme une alternative providentielle avec tous les gars à l’affût du moindre bruit de ce côté. Affo Idrissou n’a pas eu trop de difficultés à s’allier tous les nostalgiques et autres revanchards des dernières élections à la FBF. D’où le tintamarre au sujet de la prétendue crise, crise qui curieusement n’a pas empêché le championnat national à l’arrêt depuis plusieurs années de redémarrer ; les clubs béninois de participer de nouveau à des compétitions continentales ; la télévision nationale de décider de retransmettre en direct au moins un match à chaque journée ; le championnat amateur d’être sur le point d’être lancé. Demeure néanmoins s le double défi des refondateurs : empêcher Ahouanvoébla d’être élu député et de finir son mandat à la tête de la FBF.

Quel sort pour Affo s’il ne réussit pas ce contrat ???

Par Arimi Choubadé
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