L’objectif de Yayi-Affo était la destruction du championnat ???

mercredi 1er avril 2015 par Arimi Choubadé

On le sentait venir. Sur sa chaîne à lui, docteur-président, tous les dimanches se déchaînent des gamins, dans un championnat de ligue 1 dont les principaux acteurs ne sont rien d’autre que Augustin Ahouanvoébla, président de la Fédération Béninoise de Football et Francis Gbian son vice-président. Le premier est lieutenant de Me Adrien Houngbedji et le second frère de l’autre du nord vendu aux "fons" du sud, le généralissime Robert Gbian. Ces deux-là venir ravir la vedette tous les dimanches au prince suprême de la refondation en pleine campagne législative ? Des législatives très déterminantes pour la révision de la constitution et un éventuel troisième mandat. Sacrilège punissable à réprimer avec la dernière rigueur. Cela devrait s’arrêter au plus tôt. Par la violence verbale, les menaces, les injures, les invectives si possibles. Conseil des ministres extraordinaire, descente musclée des forces de l’ordre sans mandat dans une propriété privée, interpellation des employés, fermeture des bureaux, conférences de presse. La refondation se sentait vraiment menacée. Tout cela pour arrêter les championnats nationaux de ligue 1 et de ligue 2.

Au nom de l’amour pour la jeunesse. Au total, c’est une bonne vingtaine de matches par semaine supprimée pour ces jeunes ; plus d’un millier de footballeurs, encadreurs, officiels, arbitres sans job. Toute l’économie autour du foot à l’arrêt : hôtels, transporteurs, vendeurs à la sauvette, restaurateurs. Un public subitement sevré par la brutalité de Yayi-Affo. Que dire de l’Ortb, détenteur de l’exclusivité sur les images de ce championnat privé désormais de ses droits pour avoir eu l’outrecuidance d’offrir les antennes du refondateur en chef à des opposants. Au Bénin de la refondation, en effet, il n’y a pas crise dans le football lorsque le président de la fédération gère ce sport depuis une cellule de prison. Pas davantage de crise lorsque 12 membres sur 15 du bureau exécutif fédéral démissionnent. Tout est normal aux yeux des refondateurs lorsque le pays reste 2 à 3 ans sans championnat. Tout va mal, par contre, lorsqu’il y a reprise des championnats Ligue 1 et Ligue 2 après une longue hibernation ; lorsque les retransmissions en direct sur l’Ortb des matches reviennent sur les petits écrans ; lorsque des clubs participent de nouveau à des compétitions continentales (Buffles pour la champion league africaine et As Police pour la coupe Caf).

Vient en filigrane le combat personnel de Idrissou Affo, lui dont le ministère a été privé de près de 9 milliards de subvention du fait de l’activisme d’un certain Augustin Ahouanboébla. En effet, ce qu’on ne dit pas assez, c’est que l’impertinent député a été la cheville ouvrière d’une réforme budgétaire qui exclut d’office le ministère des sports de la gestion directe d’une bagatelle de 9 milliards destinés à l’ensemble des fédérations sportives. Casser les portes de la FBF, brutaliser ses agents, insulter ses dirigeants procèdent d’une revanche que Affo Idrissou peut savourer avec délectation. Un coutumier de la méthode brutale et expéditive au point où un de ses anciens collaborateurs n’a pas hésité à le citer à comparaître devant le juge pour violence et voies de faits. Une posture de ministre ne devrait pas rimer avec délinquance primaire. N’eut été les grèves répétées à la justice, Safiou Idrissou Affo aurait déjà comparu devant le tribunal de Cotonou pour ses élans débridés. La violence sur la FBF, ses agents, ses dirigeants et son championnat de la part de ce ministre-là n’est donc qu’une demi-surprise.

Le gouvernement parle de comité de normalisation du foot à installer dans les jours à venir. Quelqu’un pour nous dire le nombre de secteur que la refondation a pu normaliser depuis son avènement. Le coton ? Les têtes couronnées ? Les religieux ? Le port ? Tout ce que ce pouvoir touche se transforme en cauchemar. Le tour du foot de plonger comme tous les autres secteurs d’activités. Le chef de l’Etat est conscient que le foot universel est la propriété exclusive de la Fifa à travers son représentant au Bénin, la FBF. C’est pour cela que son ministre se limite à mettre au chômage les jeunes footballeurs, à saccager toute la dynamique en cours autour du sport roi tout en laissant en place le comité exécutif de la FBF. Pourvu qu’on arrête le championnat et l’occupation de l’Ortb par des équipes d’opposants.

La soif de la vengeance aurait pris le dessus...

Par Arimi Choubadé
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