Il ne reste à l’opposant Augustin qu’à s’agenouiller devant Yayi-Hayatou...

mardi 7 avril 2015 par Arimi Choubadé

Le tandem a fini par s’établir, au détour de quelques conciliabules en marge de la Can 2015 en Guinée Équatoriale. Le tout puissant Hayatou, dépositaire du football continental africain n’avait jamais digéré l’effronterie de l’actuelle équipe dirigeante de la Fédération béninoise de football (FBF). Pour mémoire, la bande à Ahouanvoebla a pu passer sans le soutien du patriarche camerounais. Une élection annulée une première fois par la Confédération africaine de Football (Caf) puis reprise et gagnée une nouvelle fois par les effrontés. Yayi, lui, en embuscade, voyait, malgré lui, s’installer à la tête de la fédération sportive la plus prestigieuse de son pays un redoutable opposant. Avec comme vice-président Francis Gbian le frère de l’autre pestiféré du régime. Pire, sa chaîne préférée, l’Ortb, sur laquelle il exerce un droit d’exclusivité, depuis 9 ans, retransmet en direct des matches d’un championnat organisé par cette FBF-là, en pleine période d’élections. Il fallait que les desseins de ces deux personnalités (Yayi et Ayatou) se joignent enfin. La proie étant elle-même gangrenée de l’intérieur par les quelques commerçants qui l’ont infiltrée pour y faire du business au gré des conjonctures et des polémiques.

A cette coalition s’ajoutent, à cœur joie, tous les revanchards des dernières secousses avant l’installation de l’équipe actuelle. Chaque clan revendiquant une légitimité acquise ou supposée suivant les circonstances et les événements. N’oublions pas qu’au plus fort de la crise, le Bénin avait compté deux bureaux exécutifs concurrents pour la seule FBF. Son siège de Porto-Novo changeait d’occupant au fur et à mesure des décisions de justice et des arbitrages de la Fifa et de la Caf. Ce n’est pas tout. Ahouanvoébla devrait affronter également les courroux d’un ministre des sports littéralement dépouillé d’une grande partie du budget alloué aux fédérations sportives au titre de l’exercice 2015, à un an de la fin de mandat de la refondation au pouvoir. Près de 9 milliards logés dans le budget général de l’Etat pour le compte des fédérations sportives hors contrôle du ministère des sports du fait d’un parlementaire Ahouanvoébla.

Autre front à incandescence ouvert dans la foulée, c’est la décision de la FBF en assemblée générale en août 2014 de procéder à une vérification de la gestion du bureau précédent. Le tout assorti d’un mandat de poursuite judiciaire à l’encontre de tous ceux qui seraient impliqués dans des malversations avérées. Une recommandation perçue comme une déclaration de guerre du côté du Caire lorsqu’on sait qu’un membre actuel de l’intouchable comité exécutif de la Caf pourrait se retrouver une nouvelle fois devant le juge béninois. Une cause de belligérance voire une provocation dont auraient dû se priver Ahouanvoebla et ses amis. Alea jacta es ! Pas étonnant que ces derniers soient devenus la proie facile dont se délectent tous ceux qui se sont ligués contre eux à l’instar d’une certaine presse spécialisée dans la diatribe anti-FBF tant et si longtemps que le contrôle de cette instance ne relèverait pas directement ou indirectement de son mécène.

Les derniers développements de la situation traduisent à merveille cet environnement pesant d’intrigues et de mésalliances. Un retrait d’agrément qui se déguise en voies de faits, en suspension des championnats voire en dissolution tacite d’une fédération par un gouvernement. Une destruction programmée de tout l’appareil du foot si Ahouanvoébla ne met pas ses genoux à terre devant Yayi et son ministre. A moins que ce soit Yayi lui-même qui retrouve un instant de clairvoyance. Car des sanctions de la Fifa n’arrangent personne à commencer par le gouvernement béninois sujet à des amendes sévères au risque de passer pour un prédateur du foot. Ensuite la génération de joueurs à sacrifier ; les clubs engagés dans les championnats en ruine ; la FBF inactive ; Anjorin, protégé de Hayatou, incapable de renouveler son mandat au comité exécutif de la Caf sous la bannière du Bénin ; le sevrage brutal pour les quelques passionnés qui commencent par renouer progressivement avec les stades etc... Le calvaire pourrait se prolonger jusqu’à la fin du mandat en avril 2016 avec ses conséquences cataclysmiques sur une jeunesse déjà à la dérive.

L’opposant Augustin en face donc d’une montagne presque insurmontable....

Par Arimi Choubadé
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