Les gros mensonges de la campagne Yayi...

mercredi 22 avril 2015 par Arimi Choubadé

Précisons que le chef de l’Etat béninois est une personne respectable qui ne saurait mentir à son peuple qu’il aime tant et pour lequel il est prêt à verser son sang. Même si sa campagne électorale s’appuie indubitablement sur un mensonge fondateur, celui de sa fausse candidature aux législatives 2015. Bien que Thomas BONI Yayi ne figure sur aucune liste de candidature enregistrée à la Céna, son effigie trône sur toutes les affiches Fcbe. Lui-même enchaîne balades en hélicoptères sur balades, discours sur discours, promesses sur promesses, meetings sur meetings, invectives sur invectives voire injures sur injures. Il y a 9 ans qu’il a réglé le problème de son monopole absolu sur la télévision nationale, sa télé. Roi du ciel grâce aux hélicoptères présidentiels, il n’a aucun mal à imposer une ubiquité implacable à ses adversaires réduits à emprunter des routes défoncées. Tant pis si ces derniers doivent subir en plus la frustration de contribuer par leurs impôts à financer la campagne électorale d’un chef hostile, partisan, sectaire, ségrégationniste, régionaliste.

L’autre gros mensonge porte sur le déni d’une nouvelle République synonyme d’une troisième candidature puis d’une énième candidature du roi-Yayi. Ce dessein figure pourtant en bonne place dans le projet politique du candidat Yayi BONI exprimé lors de son discours de candidature de fin janvier 2010 au stade de Kouhounou à Cotonou. Chacun peut savourer ce passage éloquent : "Ma vision appelle la refondation de la République sur laquelle j’engagerai de grandes réflexions avec toutes les composantes de la Nation, une Nouvelle République, dans laquelle les pouvoirs s’équilibrent et les institutions convergent dans leurs efforts vers la satisfaction des besoins essentiels du peuple. Cette Nouvelle République qui opte de façon déterminée pour la prospérité, l’émergence économique et le perfectionnement intellectuel et moral de ses fils.
Ma conviction est que la Nouvelle République fera germer la Nation émergente qui constitue notre rêve. Car, il s’agit de l’approfondissement du processus du changement que nous avons déclenché en 2006. Les difficultés de notre pays sur le chemin de l’émergence requièrent, en effet, plus que des réformes sectorielles ou structurelles, un changement plus poussé, profond et accéléré. Il s’agit d’aller plus loin et de façon efficace !". Yayi a toujours voulu sa nouvelle République qui l’autoriserait à briguer un nouveau mandat. Ce que confirme le dernier congrès Fcbe marqué par l’ambition de conserver le pouvoir pour les 100 prochaines années.

De la majorité indispensable à l’accomplissement du rêve de la refondation. Une obsession aux allures de mensonge XXXL dans le contexte d’un régime présidentialiste comme celui du Bénin. Certains laudateurs n’hésitent pas à pousser le bouchon de l’intoxication plus loin en prétextant que des députés auraient bloqué un projet de 800 milliards CFA dont le fiancement aurait été déjà bouclé. Un éventuel chantage aurait pu avoir des effets sur n’importe quel président de l’ère du renouveau démocratique sauf Yayi BONI. Lui qui n’a pas hésité à faire passer des projets de ratification sur la lutte contre l’érosion côtière ou sur un prêt pour les micros crédits par ordonnance, le fameux article 68 de la constitution. Ce n’est pas pour 800 milliards qu’il oublierait d’utiliser son joker favoris. Mensonge !

Apparaissent enfin les "petits" gros mensonges de la campagne à commencer par l’un des derniers à savoir le communiqué du gouvernement sur d’éventuels dérives durant la campagne. Comme pour faire oublier que c’est le chef de l’Etat lui-même qui a traité un député de voyou et de bandit. Son ministre Gustave SONON s’est procuré le plaisir de perturber durant près de deux heures un meeting d’un de ses rivaux, le 2ème vice président du parlement Boniface Yêhouétomè à Zakpota en se servant de mineurs juchés sur des plateformes non sécurisées de camions. Le ministre du Plan qui affirme sur un plateau télé avoir les moyens de faire mal aux adversaires. Faire tout cela pour se plaindre plus tard de violence relève d’une opération de diversion gouvernementale proprement indécente. On pourrait ajouter à tous ces mensonges les nombreuses bâches déployées dans les principales villes et qui annoncent des projets futuristes à l’instar des autoroutes de l’émergence. On pourrait en rajouter à volonté à ce répertoire non exhaustif.

Cela devient une marque déposée de régime...

Par Arimi Choubadé
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