Yayi a trouvé sa nouvelle guerre : la FBF...

vendredi 29 mai 2015 par Arimi Choubadé

Casser la Fédération béninoise de football dirigée par Augustin Ahouanvoébla (PRD, tombeur de Komi Koutché pour la course au perchoir) et son vice-président, Francis Gbian (frère de l’autre vendu, traître nordiste au service d’un sudiste). Le curseur de la refondation a définitivement glissé sur le terrain du football. Tout le gouvernement en guerre contre le comité exécutif de la FBF. L’enjeu du moment est de tout faire pour humilier la bande à Ahouanvoébla auprès des instances internationales du ballon rond. Même en temps de délestage sauvage, de pénurie d’eau et d’essence, le gouvernement Yayi trouve les moyens de faire du lobbying anti-FBF déjà à l’AG de la Caf au Caire en avril 2015 puis au congrès de la Fifa à Zurich en mai. S’appuyant sur son relais de taille au sein du comité exécutif de la Confédération africaine de foot (CAF) en la personne de l’ancien président de la FBF, Andjorin Moucharaf. Tant pis si en retour le Benin doit subir une suspension de toutes compétitions internationales jusqu’à l’horizon 2023.

Dernier exploit du yayisme, c’est la démonstration du ministre des sports Affo Idrissou Safiou lors de sa conférence de presse du 27 mai 2015. Pour une première fois, un ministre des sports donne la liste des joueurs convoqués avant même l’installation du staff technique. Ainsi c’est au ministre de définir le profil des joueurs à convoquer, les objectifs de jeu, la stratégie de préparation du match et certainement le plan de travail. Comme si c’est son docteur de président qui a créé le football par un décret signé en conseil des ministres. Lui-même se définissant comme "garagiste" au cours de sa conférence de presse se permet d’aligner des noms de joueurs locaux convoqués alors qu’il les a privés de compétition depuis plusieurs mois après avoir suspendu le championnat, militarisé le siège de la FBF à Porto-Novo, fait violenter les agents qui s’y trouvaient. Peut-être que le très patriotique ministre de la République agit pour le compte de l’équipe équato-guinéenne à travers le sabotage de la préparation des Écureuils par une crise artificielle créée de toutes pièces.

L’hérésie gouvernementale ne se limite pas seulement aux joueurs à envoyer en victimes expiatoires à Malabo, aux clubs ruinés par l’arrêt sauvage du championnat ou aux membres du comité exécutif persécutés. Grâce à une lumineuse analyse de mon confrère Aristide Kotanou, les auditeurs de la radio nationale ont été alertés du désastre que constitue la présence de Laurent Djaffo au sein du staff technique désigné par le ministre. Cette nomination serait contraire aux textes de la Fifa et exposerait l’intéressé à une radiation de la liste des "agents de joueurs". Tout cela parce que Yayi et son gouvernement jugent Ahouanvoébla et son équipe indignes de conduire le volet administratif des éliminatoires comme cela se fait dans tous les pays. Tout est donc mis en œuvre pour parvenir à ce dessein. En méconnaissance totale des règlements qui font des fédérations locales élues les seuls interlocuteurs valables de la Caf et de la Fifa.

Autre attraction du mélodrame en cours, c’est la versatilité du gouvernemental dont le discours sur la crise du foot qu’il a lui-même créé évolue au gré des conjonctures. Dans un premier temps, le ministre Affo se présente en pacificateur stoïque prêt à affronter les sanctions de la Fifa et de la Caf. Le revoilà luttant de toutes ses forces pour que l’équipe participe aux éliminatoires même si c’est pour aller prendre à Malabo une raclée en cours de programmation du fait des conditions de préparation. En réalité, sans le foot, le budget du ministère des sports pourrait être réduit à une portion congrue. Sauf que l’interventionnisme ministériel met tous les acteurs actuels dans une totale insécurité. En effet, les invitations envoyées à des joueurs par leur gouvernement n’engagent pas les instances internationales de foot. Les membres du staff technique également ne peuvent bénéficier de la couverture de la Fifa en cas de désagrément dans l’exercice de leur fonction. Sans oublier la maxime répétée à souhait du côté de la FBF : "pas d’agrément pas d’éliminatoires". En tout cas, Yayi aurait réussi à compromettre durablement la pratique du foot au Bénin sur plusieurs années.

Le déluge footballistique jusqu’en 2023 pour les successeurs...

Par Arimi Choubadé
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