Les enjeux de la bataille de Cotonou ???

mercredi 24 juin 2015 par Arimi Choubadé

Voir partir Soglo, ou plutôt les Soglo ; la perspective du départ du président-maire lui-même ne leur suffit pas. Surtout Léhady doit partir. Nuance : il est bien dit Soglo, et non le parti, RB. Un ministre de la refondation, lui aussi candidat aux élections municipales à Cotonou s’est fait plus précis sur une radio locale en précisant : "c’est le premier adjoint au maire (Léhady NDLR) que je veux, et personne d’autre ?". Les auditeurs croient rêver en entendant le même ministre (Raphael Edou) ânonner au cours de la même émission que le Président-maire à bel et bien une vision de développement. Mais que son entourage (entendez son premier adjoint) pose problème. Progressivement, l’enjeu de la campagne semble se réduire à un seul mot d’ordre : "Léhady doit partir". Ce ne sont donc pas vraiment les inondations, l’assainissement, l’enlèvement des ordures, la mobilité urbaine, les logements, l’éclairage public ou encore les marchés publics fantaisistes. Personne ne parle des élans kleptomaniaques du gouvernement Yayi sur les recettes réalisées par la ville ; pas davantage d’échos sur le refus délibéré du pouvoir central de prendre sa part dans l’embellissement et la propreté de la ville.

Les tirs groupés se concentrent exclusivement sur le programme 3Ci (Cotonou en campagne contre les inondations) dont Léhady est considéré à tort ou à raison comme le principal géniteur. Son impact réel sur le terrain n’intéresse point. Tant pis si grâce à la stratégie de veille, d’assistance et de secours d’urgence de ce 3Ci, Cotonou n’a plus enregistré la moindre victime humaine des inondations depuis plus d´une dizaine d’années. Contrairement aux nombreux décès enregistrés à Accra, Abidjan, Lomé ou Lagos. Même au plus fort des débordements historiques de 2010, sur les quelques victimes dénombrées sur l’étendue du territoire béninois, aucun ne provient de Cotonou. Comme aime à le proclamer l’intouchable Nicéphore Soglo, l’absence du 3Ci aurait été de la "non assistance à population en danger". Or, c’est ce même plan d’urgence qui fait l’objet de toutes les railleries de campagne, coupable d’avoir ouvert des tranchées à Avotrou brisant ainsi l’emprisonnement de plusieurs habitations par les eaux ; coupable d’être allé désenclaver des écoles, des dispensaires, des marchés en pleine pluie ; coupable enfin d’avoir distribué des moustiquaires ou des médicaments anti-palustre aux populations à risque.

Plus que les aventuriers de la refondation, la vraie menace sur Cotonou c’est le ramassis d’ergo en marche commando sur l’hôtel de ville de Wologuèdè. Il ne s’agit plus de prétentions politiciennes de partis politiques classiques comme le PRD ou l’Union fait la nation originelle. On se trouve en face de listes sans ligne directrice, sans discours, presque sans visage. L’objectif est de cristalliser la conjoncture des inondations (la campagne ayant lieu en juin en pleine saison des pluies) pour assouvir les réels desseins à savoir l’anéantissement du "Soglo" gênant. Le débat aurait été simple en effet s’il s’agissait de proposer à l’équipe en place une autre équipe connue des électeurs ; si contre la RB était opposée une autre organisation politique homogène digne de ce nom. Un groupe autre que ce conglomérat incapable d’aligner deux militants d’un même parti. La gestion de la ville passerait de la direction de l’homme de la conférence nationale et compagnons en les mains d’une nébuleuse aux contours flous.

C’est encore Nicéphore Soglo qui dans sa démarche pédagogique a permis aux Cotonois d’avoir un éclairage sur les motivations réelles du tout-sauf-Léhady. Selon lui, cela est né d’une trouvaille ethnico-mafieuse et dangereusement régionaliste favorable à la naissance d’un front du sud contre le nord en vue de la présidentielle de 2016. Le PRD n’ayant pas encore affiché de candidat jusque-là, le candidat naturel de la RB, Léhady Soglo devient le dernier rempart contre l’émergence de ce néfaste projet. Il fallait lui opposer une campagne présidentielle déguisée et anticipée à l’occasion des municipales à Cotonou. Espérant le réduire définitivement à néant en privant son parti d’une majorité stable au conseil municipal de Cotonou.

Léhady n’est pas Yindié-Yinwè...

Par Arimi Choubadé
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