Le Bepc béninois n’est "crédible" qu’à -25% de taux réussite !!!

mercredi 8 juillet 2015 par Arimi Choubadé

Puristes de tout le Bénin, dressez-vous, au nom de l’honneur du Bepc. Objectif : donner sa "crédibilité" à ce diplôme en militant pour que le taux de réussite 2015 ne dépasse point les moins -25% tel que susurré dans certains milieux. Haro donc sur toute perspective consistant à réviser ce chiffre à la hausse. Déjà, à leur corps défendant, nos chers puristes ont dû laisser passer, non sans grommeler, les +80% au Cep. L’échec massif annoncé pour le Bepc serait donc la revanche espérée. En attendant d’enregistrer des taux plus dramatiques au Bac et au Bts. Un examen académique ne mérite son nom au Bénin que lorsqu’il laisse les 3/4 au moins des candidats dans le désarroi et la tristesse. Il paraît que les enfants commettraient de plus en plus de faute de grammaire française ; pour cela, ils mériteraient une punition collective visant à les faire recaler en masse aux différents examens.

La connaissance se résout donc, au Bénin, à la grammaire française. Le professeur de cuisine passe plus de temps à corriger les fautes grammaticales commises par ses élèves que de s’intéresser à la quintessence de leurs productions techniques. Idem pour le prof de musique ou celui de sport. Même la vendeuse du marché Dantokpa se fait régulièrement rectifier par le client sous prétexte qu’elle aurait écorché une règle grammaticale. Tout vit dans le pays au rythme de la grammaire française. Gare au journaliste qui glisse, ne serait-ce que malencontreusement, sur la langue de Molière ou au politicien qui oublie l’accord entre le verbe et le sujet. A telle enseigne que niveau intellectuel ou niveau de connaissance rime fatalement avec niveau de langue. Personne ne s’intéresse à ce que l’individu sait faire de ses mains. On veut juste savoir s’il sait parler le français, le bon français. Cela me rappelle l’insolite du père puriste qui après avoir infligé une correction mémorable à son fils auteur d’une faute de grammaire n’a pas hésité à recourir à l’expertise du même gamin, l’instant d’après, pour se faire aider à se câbler sur sa chaîne de télévision préférée.

Les gars qui ont connu la télévision à 30-40 ans se plaisent à donner des leçons de connaissance à des petits écoliers facile manipulateurs d’ordinateurs, de téléphones portable, d’Internet et de logiciels avancés. Revenons à nos défenseurs du Bepc, adeptes des sanctions massives aux enfants grammaticalement défaillants. Il me plait de leur demander si c’est la faute à un écolier d’échouer à son examen. Si aucune responsabilité n’incombe aux concepteurs du système d’enseignement, aux constructeurs des écoles, aux formateurs des enseignants, aux rédacteurs des programmes, aux correcteurs des épreuves tiré les épreuves. Qu’on démontre la faute de l’élève si l’enseignant a passé de longues semaines de grève, de marche de protestation, de sit-in voire de piges dans les démembrements de la structure chargée d’organiser les élections politiques. Bizarre qu’un pays fasse payer ses mômes en les faisant échouer massivement pour des fautes commises par des adultes. Il paraît que la défense de l’honneur des diplômes passe par là. Des parchemins dont l’utilité reste à démontrer en cette période de chômage systémique et de clochardisation de la jeunesse. A quoi sert un Cep ou un Bepc, en effet ?

Nos experts grammairiens seraient de plus en plus horrifiés par ce qu’il appellent baisse du niveau intellectuel des apprenants. Qu’ils nous parlent, eux, grands incollables en grammaire française, du niveau de développement où leur maîtrise de la langue de Molière a amené le Benin. La refondation et la mal gouvernance sont des progénitures directes de ces gens qui prétendent avoir été à la "vertueuse" ancienne école. Si le respect de la grammaire française devrait développer un pays, le Bénin aurait déjà construit sa bombe nucléaire et sa monnaie serait parmi l’une des plus cotée à la bourse de New-York. Ironie du sort, c’est la génération de l’impasse ayant conduit le pays à la faillite qui veut punir les petits enfants d’un crime dont ils ont à peine conscience. De toutes les façons, on n’a jamais vu les recalés aux examens se jeter à la mer. Ils finissent toujours par se frayer un chemin à l’instar de cet célébrissime honorable précédemment recalé en classe de 4ème. Quelques années lui ont suffit pour se faire beaucoup d’argent en politique avant de revenir s’acheter un Dea en moins de 4 ans par le truchement d’enseignants véreux. L’écolier est à l’image de son maître. Chaque échec massif à un examen devrait être suivi de licenciements tous aussi massifs d’enseignants ; de la démission du ministre en charge de l’enseignement ; pourquoi pas celle du chef de l’Etat.

Les enfants ne sauraient payer seuls pour un système en panne dont ils ne sont les auteurs...

Par Arimi Choubadé
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