"Après nous, c’est...la contestation insurrectionnelle"...

mercredi 22 juillet 2015 par Arimi Choubadé

Ils se prévalaient de 60 maires dont certains recrutés à prix d’or. A l’arrivée, la galaxie Fcbe n’en compte qu’une vingtaine. Après la déculottée à l’issue des législatives où leurs prétentions de 50 députés ont été réduites dans les urnes à 33 élus, les refondateurs ont dû déchanter à la proclamation des résultats des municipales par la Céna. Adieu révision constitutionnelle ainsi que le vœu de s’éterniser au pouvoir durant 100 ans. Mais, le pouvoir Yayi est loin d’avoir rengainé. Il n’a pas tardé à mettre au goût du jour quelques vieilles recettes d’agitations sociales sous le prétexte de contestations post électorales. Apparemment, la machine d’invectives, de troubles et de persécution abondamment utilisée pour bloquer l’installation de plusieurs conseils municipaux en 2008 n’a pris aucune ride. Il suffit de faire un tour à Bassila, à Copargo, à Azowlissè, à Bembèrèkè et dans d’autres localités au lendemain du verdict des urnes du 28 juin 2015 pour se rendre comptent de l’imminence du grabuge. Le peuple Fcbe que Yayi lui-même appelle affectueusement "les miens" gronde, grogne, menace, s’énerve et s’impatiente.

Ce fut exactement de cette manière qu’avait été organisée la non installation de certains conseils municipaux en 2008. En échos aux soubresauts observés ça et là, les préfets pourraient ensuite entrer en jeu en se déclarant incapables de braver les soulèvements populaires dans les localités identifiées par leur chef. Une parodie de tentative d’installation perturbée par quelques vandales instrumentalisés avec la condescendance des éléments de la gendarmerie et de la police nationale permet de boucler la comédie. Tout le monde connaît la chanson. Cette fois-ci la loi exige un délai de 15 jours pour obliger les préfets à s’exécuter. A défaut, une autre quinzaine est accordée à la Cour suprême pour suppléer le gouvernement. La manœuvre aurait cependant permis à la mouvance Yayi de gagner un peu de temps consacré à brouiller les cartes et mettre le pays davantage sous tension. Surtout que partout dans le pays, les leaders locaux Fcbe se recrutent au sein de la pègre politico-administrative à travers des ministres, des directeurs et des commis de la République en délicatesse avec l’orthodoxie financière.

Depuis 2006, pour qu’une élection ne soit pas contestée, il faut qu’elle soit gagnée par Yayi et son clan à l’instar de ce qui s’est passé lors des K.O électoraux de 2011. Au moment où le fichier électoral, Lépi bâclée, faisait rage personne ne descend dans les rues pour contester les résultats. Mais depuis que ce fichier a connu un toilettage insidieux, les cauris ont recommencé à protester bruyamment. Ils ne se contentent pas d’occuper les médias dans le but d’édifier l’opinion sur leur vérité des chiffres. Désormais ce sera la rue au détriment des instruments classiques de recours en pareille circonstance. Plus anecdotique est l’attaque massive dont fait l’objet la Céna de la part des Fcbe qui en occupe pourtant la présidence. Comme pour faire passer le choix de l’insurrectionnel au lieu de celui de la légalité. Certaines alliances politiques accusent d’ailleurs le chef de l’Etat lui-même d’avoir allumé la flamme de la confrontation violente à l’occasion de la campagne électorale notamment dans la Donga.

Après les insultes présidentielles contre Azannai durant la campagne pour les législatives et la charge virulente contre un député ABT dans la Donga à quelques jours du scrutin municipal, on se demande ce que réserve Yayi et les "siens" pour l’élection des maires et surtout lors de la campagne présidentielle de 2016. Le pire est à redouter avec les luttes feutrées entre la "télécommande" en exile en France, le premier ministre franco-béninois débarqué de la rue Solférino à Paris ainsi que les difficultés de désignation de candidat dans plusieurs formations politiques. A Azowlissè, Manigrî, Sèmèrè, Bembèrèkè, Malanville se dessinent les élans insurrectionnels de fin de mandat. Le désir de foutre le bordel avant le départ habite encore les esprits à la Marina malgré les professions de foi.

Après nous, le désordre...

Par Arimi Choubadé
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