Ouvriers des K.O électoraux à la barre !!!

mercredi 5 août 2015 par Arimi Choubadé

Sales temps pour les différents régisseurs publics du pays. Eux considérés à tort ou à raison comme les apporteurs de billets de banque aux organisateurs de marches de soutien, de meetings et de prières en l’honneur de la refondation : Directeurs de société d’Etat, Directeurs des ressources financières et du matériel (Drfm) des ministères, ministres, régisseurs et autres comptables publics. Lorsque le chef de l’Etat lui-même disait des institutions qu’elles sont toutes mouillées, il a omis de parler des mouilleurs. Les K.O électoraux de 2011 ont eu besoin d’argent, de beaucoup d’argent. On se doutait bien qu’une partie du trésor de guerre provenait des régies publiques sans pour autant en avoir la preuve à l’époque. Jusqu’à ce que les Hollandais ne révèlent aux yeux du monde que l’argent qu’ils avaient consacré au forage de puits pour les plus démunis du Bénin s’est miraculeusement "évaporé". Étant entendu qu’ils ont maintenu la pression sur le gouvernement béninois jusqu’à ce que toute la lumière faite sur cette affaire.

Juste un mois d’investigation d’un cabinet d’audit pour sortir les miasmes jusque-là insoupçonnables de la gestion catastrophique de la maison Benin. Une chaîne de corruption aussi vaste que l’appareil d’Etat, allant d’un ministère à un autre et impliquant presque tous les hauts responsables, du simple comptable jusqu’au ministre en passant par les membres de cabinets ministériels et des opérateurs véreux. Les montants révélés vont carrément au-delà des 3 milliards CFA initialement perdus par les Pays-Bas. Une véritable machine de corruption, de détournement de fonds publics, de fraudes et de tricherie dont les descriptions rapportées par l’Auditeur général Dognon a de quoi provoquer la chair de poule. Pendant que les fournisseurs et autres prestataires du Cos/Lépi et de la Céna se plaignaient de leurs factures en souffrance au trésor public durant plusieurs mois, les as de la triche se faisaient payer des milliards en moins de quelques heures par ce même trésor public. Allez y comprendre quelque chose.

Intéressons nous alors au timing des déballages en fin de règne. Nombre de Béninois étaient intrigués par l’ossature de la liste de candidatures de Fcbe aux dernières élections notamment législatives et municipales. Le casting avait jeté son dévolu sur les DG de sociétés d’Etat, les Drfm des ministères, les ministres eux mêmes, les maires, bref tous ceux qui de part leur position pouvait manipuler de l’argent public. Soit dit en passant, les maires sollicités par la mission refondatrice étaient obligés de plonger dans les réserves administratives et la Mafia foncière à en juger par le nombres de démêlés judiciaires dans lesquels ils sont impliqués ces derniers temps. C’était la première fois que Yayi devait se passer du soutien du magnat du coton, Patrice Talon, de Samuel Dossou, tous d’anciens mécènes supposés ou réels, désormais en disgrâce, au cours d’une campagne électorale depuis 2006. Ce qui justifie certainement le rappel de tous les commis gestionnaires de fonds publics sur la liste soutenue par le chef de l’Etat, Yayi BONI. Des voleurs de la République au service du président de la République ?

D’où la récurrente question sur le financement de l’activité politique au Bénin. L’absence de toute législation en la matière expose le régime à un véritable problème de survie. Si le yayisme devrait compter exclusivement sur les salaires de ses militants il aurait déjà disparu de la scène. C’est le lieu de se demander d’ailleurs si les K.O électoraux de 2011 se seraient déroulés aussi facilement sans le contrat des Programmes de vérifications des importations (Pvi) concédant tous les secteurs vitaux de l’économie nationale (port, douane, véhicules d’occasion) au seul mécène du régime déjà détenteur d’un quasi monopole sur la commercialisation du coton. Pendant que ce bras financier du système de la refondation finissait en cavale, les nouveaux relais tapis au sein de l’administration publique se retrouvent, eux, de leur côté, à la barre, accablés par des dossiers de malversations tous azimuts. Autre interrogation : combien de victimes pourrait causer encore l’absence de financement des partis d’ici la fin du mandat ? Il n’est pas exclu que le successeur de Yayi ne soit englué à son tour dans cette gadoue puisqu’il faut bien trouver l’argent quelque part pour faire la campagne électorale. Où le trouver alors ?

Vertu et télécommandes...

Par Arimi Choubadé
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