L’Un dans l’opposition à Cotonou ???

lundi 10 août 2015 par Arimi Choubadé

Les unionistes dans leur nouveau challenge révélé depuis la publication de leur communiqué de presse du 04 août 2015 : être dans l’opposition à Cotonou. Opposition à Cotonou exclusivement, et non opposition systématique à la coalition RB-RP-Fcbe-Atao ; la nuance vaut son pesant d’or. En effet, à Lokossa ou à Dangbo, les unionistes ne rechignent pas à comploter avec Fcbe contre d’autres alliés de l’opposition. Tout comme l’opposition à la RB-RP ne s’applique pas à Zogbodomey, Zakpota, Djidja et peut-être Abomey-Calavi. Des attelages assez complexes à déchiffrer mais qui correspondent pourtant à des réalités d’une commune à une autre. Aussi, la sainte alliance à l’origine du renversement de la majorité parlementaire en mai 2015 ne reçoit aucune entaille. 42 (voire 44) députés sur 83 ont encore imposé leur hégémonie lors des désignations des membres dans différentes institutions nationales, régionales et sous régionales, presque le même jour où la déclaration d’opposition à Cotonou était rendue publique.

Nul doute que la confusion et la complexité de ce nouveau postulat de l’Un ont été décrétées à dessein. En lisant entre les lignes, on s’aperçoit qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’une déclaration d’opposition à Léhady Soglo. Cette posture était déjà bien visible lors de la campagne électorale en vue des municipales à travers les violentes bourrasques contre l’alliance RB-RP notamment à Cotonou. Des diatribes acerbes anti Houézèhouè alors que quelques jours plus tôt les deux camps étaient en symphonie pour imposer le nouveau bureau du parlement mais également pour assurer la version politique de la révolte populaire ayant enrayé la tentative d’arrestation de l’honorable Candide Azannaï. Ce qui n’a pas empêché l’UN d’afficher ses velléités en revendiquant le contrôle de la grande ville même après le scrutin par des déclarations médiatiques tonitruantes. Ce qui augurait du clash à venir au cas où des négociations devraient s’ouvrir pour constituer la majorité absolue. Un clash voulu et entretenu dont l’aboutissement s’est concrétisé à l’occasion de l’installation du conseil communal de Cotonou au grand dam des autres alliés de la grande coalition de l’opposition à Yayi BONI.

L’opposition déclarée à Léhady était donc presque inéluctable pour une UN de plus en plus empêtrée dans ses convulsions internes. Le rôle de rampe de lancement à la télécommande de Paris qui lui semble désormais dévolu la met littéralement en belligérance tacite avec tout potentiel concurrent. La relative bonne santé retrouvée de la coalition RB-RP à l’issue des municipales rend plus que certaine la candidature de Léhady auréolé de son titre de nouveau maire de Cotonou. En l’absence de toute candidature unique des anti refondation, la bannière houézèhouè ne pouvait pas ne pas avoir un candidat pour 2016. L’évincement de la RB de Wologuèdè aurait pu renforcer la télécommande de Paris dans son vœu de se positionner en alternative incontournable sur les ruines des partis traditionnels. Dommage que manquent visiblement à son tableau de chasse les houézèhouès qui ont fait plus que résister. Adieu donc le lugubre projet de la grande alliance du sud en vue de la reconquête du pouvoir d’Etat.

Ironie du sort, les vraies victimes se comptent parmi les entités de la coalition non impliquées dans cette guéguerre fratricide à l’instar du PRD. Embarqués, malgré eux, dans cette campagne présidentielle qui ne dit pas son nom, les Tchoco-Tchoco ont dû laisser des plumes au conseil municipal de Cotonou avant même de comprendre ce qui se passait. A priori, la cohabitation Prd-RB à Cotonou et en dehors, connue de vieille date, était la plus évidente grâce à une campagne conviviale entre ces deux alliés. Lors des deux mandatures de la décentralisation, le Prd avait toujours eu des intérêts importants à gérer dans la ville avec ses différents chefs d’arrondissements et ou présidents de commission contrairement à l’UN qui n’a jamais existé au sein du conseil communal mais qui voulait pourtant y jouer les nettoyeurs d’écuries auto proclamés. Les unionistes avaient reçu mission de renverser la table sans tenir compte des différents convives, et ils l’ont fait. Leur champion peut enfin rentrer au bercail maintenant que les hostilités ont été déclenchées contre l’adversaire le plus gênant, Léhady Soglo.

Une petite devinette pour finir : le nom de ce machin opposé à Léhady mais favorable à Talon pour 2016 ....

Par Arimi Choubadé
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