Rien à foutre avec la retraite des fonctionnaires...

lundi 17 août 2015 par Arimi Choubadé

Pour une poignée de 11.000 de privilégiés appelés à une retraite paisible, la mangecratie régnante a décidé de pourrir l’existence à tout le pays. Une loi votée depuis 1986, modifiée à plusieurs reprises, revotée il y a quelques mois puis renvoyée au parlement pour seconde lecture. Tout ça pour la retraite de quelques fonctionnaires. Dépenser autant de temps, de ressources et d’énergie pour parler de moins de 0,1% de la population. En guise de distraction, la refondation essaie même de faire passer cette hérésie pour une affaire nationale devant focaliser toutes les attentions. La voilà subitement très sensible à la jeunesse au chômage, à la compétitivité de l’administration publique etc... Comme si tout ce qui touche aux fonctionnaires devrait toucher tous les citoyens. Comme si, par le passé, ces commis de la République se sont déjà passionnés pour les intérêts des autres catégories de la nation telles que les paysans, les étudiants, les femmes des marchés, les artisans ou autres...

Rien à redire si des citoyens se battent pour la défense de leurs intérêts existentiels notamment en ce qui concerne l’âge de leur admission à la retraite. A condition cependant que cela soit vraiment compris comme un enjeu catégoriel et non une cause d’intérêt général. Jusque-là très peu de Béninois peuvent certifier avoir perçu l’impact de ces départs à la retraite sur l’emploi des jeunes. La loi en ballotage entre le parlement et le gouvernement n’est qu’une loi des fonctionnaires, pas celle de tous les citoyens. La vocation de la fonction publique n’est pas de régler les questions de chômage. Faudrait-il rappeler que le Bénin a opté pour l’initiative privée depuis la conférence nationale de février 1990 ? Les prédications tous azimuts sur l’auto emploi et l’initiative privée ne peuvent donc s’accommoder d’une lutte interne entre privilégiés de la République improductifs, oisifs, kleptomanes pour la grande majorité.

Tant mieux si des individus ont envie de rester dans les liens de la servilité vis-à-vis de l’Etat jusqu’à la fin de leur jour, au-delà de 60, 65 ou même 100 ans s’ils le désirent. L’avenir de la jeunesse tient au bout de l’investissement privé, des entreprises privées, de l’éclosion des industries, de l’agriculture et de la créativité des citoyens. Les bureaucrates fonctionnaires ne servent qu’à dépenser sans compter l’impôt des citoyens. La fonction publique ne crée pas de richesse. C’est proprement criminel de détourner les Béninois de leur part de labeur au profit de passes d’armes entre privilégiés. Parlement, Gouvernement et autres institutions ne sont mobilisés que lorsqu’il s’agit des commis de l’Etat, de leur santé, de leurs loisirs, enfants, époux, logements, déplacements, bref, de tout ce qui touche à leur vie. Ces mêmes institutions n’existent pratiquement plus dès qu’il s’agit des autres citoyens non agents permanents de l’Etat. Nous sommes 10 millions à être astreints à chanter l’hymne national au nom du patriotisme. Mais seuls quelques centaines d’entre nous bénéficient de la chaîne de solidarité nationale.

Le débat actuellement en cours sur la retraite n’est donc rien d’autre qu’un mépris insolent envers tous ceux qui ne sont pas concernés c’est-à-dire près de 99% des fils contributeurs au budget national. Qu’ils se gavent de primes mirobolantes, dévorent à belles dents toutes les régies de l’Etat, siphonnent les deniers publics à souhait tout en abandonnant les routes, les dispensaires et les écoles dans un état de délabrement inhumain. Qu’ils continuent à détourner les impôts des citoyens, se faire évacuer dans les meilleurs hôpitaux du monde. Mais de grâce qu’ils fassent leurs querelles entre eux sans y associer les autres qu’ils ont aidé à maintenir dans l’indécence et la crasse. Tout le monde sait que chaque emploi créé dans la fonction publique est une source supplémentaire de gaspillage de deniers publics donc d’appauvrissement d’un État très très mal gouverné depuis des décennies. Un de parti à la retraite ou un de recruté ; du même au même.

Tout Béninois n’est pas fonctionnaire...

Par Arimi Choubadé
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