La Chine aveugle ?

lundi 19 novembre 2007 par Arimi Choubadé

L’Occident est franchement en colère. Les bisbilles entre Chinois et Africains se muent progressivement en affaire du siècle. Les hyper développés que l’on croyaient détacher des choses de ce bas continent de misère, de famine et de sida ne se retiennent plus de lancer les avertissements et les mises en garde. Droits de l’homme bafoués, endettement excessif, violation des règles du commerce international, dérèglement total du marché international. Des vains appels de pied dissuasifs, on est passé carrément à la guérilla verbale.

A peine si l’occident ne se prend en victime de cet axe Chine-Afrique. Ses efforts de remise de dette ? Récompensés en monnaie de singe par des Africains qui se précipitent vers Pékin une fois les comptes remis à zéro. Les programmes de lutte contre la pauvreté menacés par un autre processus de surendettement qui échappement totalement au système classique du Fonds monétaire international et de Banque mondiale. Le monopole du prêteur suprême qui fond littéralement comme beurre au soleil.

La volonté de l’ancien gageur de protéger son espace d’exploitation demeure une constante dans la croisade américano-européenne. Ce qui est moins perceptible en revanche c’est le sens même de la stratégie employée. Tantôt implorant les Chinois à faire très attention avec des gens qui manquent de rigueur dans la gestion, usant et abusant facilement des ressources des autres sans se sourciller des résultats à atteindre. La désillusion qui serait imminente.

Tantôt les jérémiades prenant pour cible une probable régression démocratique sur le continent noir. Tant d’années d’effort sur la voie de la justice sociale et de la bonne gouvernance et qui se soldent par un recul du fait de la complaisance des nouveaux « amis ». Le risque de faire ressurgir un passé dramatique ponctué de guerres civiles larvées, d’effroyables épidémies, de détournements massifs de deniers publics par des dirigeants corrompus, de banqueroutes et de cessation de paiement. L’afro-pessimisme trouverait en la Chine une nouvelle jouvence.

Une complainte qui ne maque certainement pas de pertinence. Mais il s’agit d’un passage obligé pour la Chine. Le dur apprentissage de la stature de puissance et de riche. Les nouveaux prêteurs n’échapperont certainement pas à l’insécurité des investissements. On voit mal, les dirigeants de Pékin continuer à dépenser à tour de bras dans des Etats mal gérés constamment en proie à l’instabilité : les changements de régime et tout ce que cela comporte de remise en cause et de recommencement. Le géantisme a ses limites surtout lorsqu’il s’agit de finance.

Même le tout puissant Parti communiste chinois a conscience du péril de la fantaisie de gouvernance sur une économie compétitive. Plusieurs dirigeants pékinois ont été jugés, condamnés et exécutés au nom de la lutte contre la corruption. Sans perdre de vue que tous les investissements venus d’Asie ne sont pas publics. Ces anonymes qui apportent leurs moyens ne supporteraient pas tout perdre pas la faute de princes ignorants et dépourvus de toute ambition pour les pays.

Le fait de changer de prêteur ne modifie que très peu les principes en vigueur aussi bien dans le commerce que dans les relations entre Etats. Qu’il soit français, allemands, américains ou chinois, il est toujours question de fonds étrangers, donc d’une extraversion du processus de développement de l’Afrique.

Et la Chine est loin d’être dupe !

Par Arimi Choubadé
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