La dernière rentrée scolaire de Yayi ???

lundi 5 octobre 2015 par Arimi Choubadé

De nouveau la terreur sur l’école béninoise. Après deux mois de vacance, les enseignants rechignent à reprendre les cours. Motif : non satisfaction de revendications catégorielles. Encore le Front des trois ordres d’enseignement pour conduire la fronde, du moins ce qui tient lieu. Ce même front qui s’était littéralement mis en spectacle avec des mots d’ordre et des contre mots d’ordre entre responsables syndicaux lors de la grève des centrales en protestation contre les violations des libertés publiques. Les noms d’oiseau avaient fusé dans les médias sur fond d’accusation de corruption et de dessous de table. C’est donc ce front qui décide de la prise en otage des petits apprenants comme expression de leur mécontentent face au gouvernement Yayi. Il ne viendrait à l’idée d’aucun démocrate de denier à un groupe socioprofessionnel son droit de revendication et de contestation. Ils sont bien placés, néanmoins, pour savoir que "Yayi, c’est fini".

Demander à ce régime de réaliser en moins de 6 mois, une promesse qu’il n’a pu honorer en 4 ou 5 ans relève d’une hérésie. S’en prendre aux petits élèves et écoliers comme instruments de chantage sur ce gouvernement-là participe davantage d’un terrorisme syndical incompréhensif. C’est la dernière rentrée scolaire de Yayi, empêtré dans une fin de règne laborieuse qui ne laisse aucune place à un quelconque attendrissement face au sort de l’école béninoise. On ne comprend pas pourquoi les syndicalistes enseignants n’ont pas attendu la nouvelle légitimité gouvernementale prévue à l’horizon avril 2016 pour brandir leur mal-être. Les refondateurs sont plus préoccupés par la mise au propre de leurs placards nauséeux que par le moindre problème des Béninois. Ils n’ont déjà pas de solution à la crise des magistrats, les rixes fraternelles internes à Tchaourou, les turpitudes du football et à bien de défis de la nation. Ce n’est pas l’école qui pourrait bénéficier de la magie d’un prince accablé par les conséquences de sa mauvaise gouvernance décanale.

Visiblement, la surchauffe autour de la rentrée semble avoir fait oublier les polémiques à propos des résultats aux différents examens. Il y a quelques semaines, en effet, quelques grandes gueules du monde éducatif s’extasiaient sur la prétendue baisse de niveau des élèves et écoliers. On les croyait vraiment sensibles au péril de l’école et soucieux de faire mieux les années suivantes grâce à un encadrement plus conséquent dans les salles de classe. On n’était loin d’imaginer que la seule parade que ces gars trouveraient contre les mauvais résultats des derniers examens est la perturbation de la rentrée scolaire et universitaire. Un peu pour donner raison à tous ceux qui soupçonnent un activisme syndical électoraliste destiné à permettre aux nombreux auxiliaires des potentiels candidats à la présidentielle prochaine, tapis dans les salles de cours, de bien s’occuper de la campagne de leurs champions. Les velléités des principales fortunes du pays à se mettre dans la danse présidentielle obligent tout le monde à rêver d’emplettes et de belles affaires électorales. Les enseignants ne pourraient être du reste.

C’est une évidence qu’une grève n’est pas une activité pédagogique. Elle est avant tout une action politique qui nécessite une approche politique avec un pouvoir politique. Les auteurs de la grève-ci savent donc que le contexte ne s’y prête pas du tout. Le pouvoir politique sensé leur apporter satisfaction à savoir le pouvoir Yayi n’est plus en mesure de faire face à quoi que ce soit. Si l’objectif est vraiment de sortir les enseignants de la précarité, les grévistes devraient logiquement patienter afin d’avoir en face d’eux des interlocuteurs plus disposés à les écouter. Ce qui n’est manifestement pas le cas avec les refondateurs actuels. Il fallait tout simplement tirer la conclusion qu’il s’agit de la dernière rentrée de Yayi et que la faculté de nuisance de son régime prend fin dès avril prochain. Il y a parfois des combats inutiles, inopportuns voire irréfléchis. On n’en est pas loin.

La grève contre un régime fini...

Par Arimi Choubadé
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